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De retour sur Terre pour la Saint-Jean-Baptiste

L’astronaute David Saint-Jacques a passé six mois en orbite

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Sentir le vent sur son visage, la lueur d’un feu de camp et marcher sur une rue bondée, voilà les petits plaisirs anodins desquels s’ennuie l’astronaute québécois David Saint-Jacques, à quelques jours de revenir sur Terre.

« Mais ce dont j’ai le plus envie, c’est de prendre ma femme Véronique [Morin] et mes enfants dans mes bras », lance le Québécois, trépignant d’impatience.

L’astronaute, qui doit quitter la Station spatiale internationale lundi, a tenu un point de presse mercredi pour faire le bilan de ses 200 jours dans l’espace. Il s’agit d’ailleurs de la plus longue mission dans l’espace pour un astronaute canadien.

Des Nausées

Un si long séjour en orbite laisse des marques sur le corps, comme le redoute M. Saint-Jacques. En sortant de la navette Soyouz qui doit le ramener au Kazakhstan, il s’attend à perdre l’équilibre ou avoir des nausées, par exemple.

« Après six mois sans les effets de la gravité, j’ai appris à voler et me déplacer dans tous les sens. C’est possible parce que mon oreille interne, qui ressent les effets de la gravité, c’est comme si mon cerveau l’avait débranchée », explique-t-il.

« J’ai grandi dans l’espace de quelques centimètres, parce que ma colonne vertébrale s’est redressée complètement, chaque disque s’est élargi, mais en revenant sur Terre je vais m’écraser. Ça, il paraît que ça peut être pénible », poursuit-il.

À quelques jours du grand départ, l’heure est au ménage pour David Saint-Jacques, qui ne doit rien laisser derrière pour les prochains astronautes qui prendront le relais. Il révise aussi pour « maîtriser du bout des doigts » toutes les commandes et manœuvres de sa navette spatiale.

Il a participé à une trentaine d’expériences scientifiques pendant son séjour en orbite. L’homme de 49 ans a aussi été le premier Canadien à se servir du Canadarm2, le bras canadien, pour attraper un vaisseau-cargo, et il a fait une sortie dans l’espace de six heures et demie.

L’astronaute québécois David Saint-Jacques profite de ses derniers jours dans l’espace.
Photo courtoisie, Agence spatiale canadienne
L’astronaute québécois David Saint-Jacques profite de ses derniers jours dans l’espace.

Une magnifique planète

Mais sa plus grande fierté est d’avoir travaillé avec des astronautes américains ou russes, par exemple, même s’il existe des tensions politiques sur Terre entre ces pays.

« On peut faire des miracles, on est capables de travailler ensemble », dit-il.

Il ajoute qu’il devrait se pincer à son retour chez lui pour s’assurer que ce périple n’était pas qu’un rêve. S’il en retient une chose, c’est « à quel point la planète est magnifique, fragile, et que l’on doit en prendre soin pour les plus jeunes », souffle-t-il.