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Des routes de pauvres

Routes en déroute
Photo courtoisie, CAA Québec Chemin Craig, Lévis

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Quel excellent dossier que Nos routes en déroute ! Le dossier Le bordel informatique nous rappelait que notre portefeuille saigne, mais les dossiers informatiques du gouvernement ne sont pas au quotidien dans notre face. Mais les routes !

J’ai tout lu, tout écouté. Le constat est affligeant. Et franchement, c’est pire que jamais ce printemps. Pour expliquer cette abomination indigne d’un pays qui se dit avancé, chacun se risque à son explication. On blâmera tour à tour les entrepreneurs, le manque de vision des gouvernements, les promesses électorales, la météo.

Explication oubliée

J’ai tendance à voir les choses plus simplement. Nous avons des routes de pauvres. Parce que nous sommes pauvres. Nous sommes peut-être en train d’en sortir, mais jusqu’à l’an dernier, nous étions la province avec le plus bas niveau de revenus au Canada. Sur trois décennies, nous avons dégringolé vers la queue du peloton.

Les retards du Québec ne se comptent pas en sous noirs. Les écarts de revenus médians mesurés par rapport à l’Ontario sont de l’ordre de 15 000 $ par ménage. Énorme ! Multipliez par toute une province. Même en nous surtaxant, notre gouvernement ne peut pas réussir à générer des revenus proportionnellement équivalents.

Pourquoi donc ?

Cette pauvreté est notamment le résultat de notre cher modèle québécois. Un peu plus socialiste, peut-être un peu plus égalitaire, mais au total une société moins riche.

Nous sommes pauvres, mais ne pratiquons pas la simplicité volontaire. Nous souhaitons avoir des hôpitaux, des écoles, des routes au même niveau que les autres.

Il fait quoi le type qui veut montrer qu’il a une aussi belle maison que les autres, mais qui n’en a pas les moyens ? Il fait faire des travaux bon marché avec tous les matériaux bon marché. Son voisin refait ses planchers de bois franc ? Il refera aussi ses planchers... avec de l’imitation. Son voisin décide de repeindre ? Il fera la même chose, mais une seule couche de la peinture la moins chère.

Nous le savons tous ce qui va arriver. Les matériaux « cheaps » vont avoir des problèmes de durabilité, vont avoir l’air du diable au bout de quelques années. Tout va briser avant le temps et il va passer son temps à rafistoler.

N’est-ce pas exactement le portrait des routes au Québec ? Nous en voulons autant. Et des autoroutes dans toutes les régions S.V.P. Pour nous plaire, on nous les garantit sous forme de belles promesses électorales.

Puis, comme nous sommes plus pauvres, nous construisons du « cheap ». Il n’y a pas de mot français qui sonne aussi « cheap » que le mot cheap. Pas bien fait, pas tous les bons matériaux, pas résistant, pas sécuritaire... mais pas cher.

François Legault promet d’enrichir les Québécois. C’est toute une commande ! Pas mal plus difficile que de promettre un bout de route. Si jamais il devait réussir, il nous fournirait la clé pour régler nos problèmes de route... et plusieurs autres.

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