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Jean-Claude Poitras sous toutes ses coutures

Plus de 160 objets tirés de ses collections sont exposés au Musée de la civilisation

Le couturier n’a rien perdu de sa verve et de son charisme.
Photo Jean-François Desgagnés Le couturier n’a rien perdu de sa verve et de son charisme.

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Le prolifique designer québécois Jean-Claude Poitras était encore à fleur de peau, mercredi, au lendemain de sa visite, le jour de son 70e anniversaire, de l’exposition rétrospective que lui consacre le Musée de la civilisation tout l’été.

Plus de 160 objets, vêtements, et documents d’archives, issus de donations de M. Poitras effectuées auprès du Musée de la civilisation et du Musée McCord entre 2001 et 2017, racontent les trois décennies de carrière d’un créateur libre qui a toujours fait fi des conventions.

Le veston dessiné pour Radio-Canada lors des Olympiques à Montréal.
Photo Jean-François Desgagnés
Le veston dessiné pour Radio-Canada lors des Olympiques à Montréal.

La figure marquante du prêt-à-porter a raconté aux médias, mercredi, l’histoire qui se cache derrière les morceaux marquants de sa vaste collection. La visite s’ouvre avec une ligne du temps, dont la pièce maîtresse est la fameuse chemise « pizza », créée pour les animateurs de Radio-Canada lors des Jeux olympiques de 1976.

« Le jour où j’ai été rassuré sur ce que j’avais fait, c’est quand Richard Garneau m’a dit, dans les années 1990, qu’il avait vendu sa chemise pizza 1000 $ à la fin des Jeux à un Japonais et que plusieurs autres journalistes avaient fait la même chose », a-t-il raconté en riant.

De la religion au cinéma

Ce premier contrat manufacturier donnait le ton à une carrière marquée par trois courants : l’inspiration religieuse, le cinéma et les voyages.

Des témoins de l’inspiration religieuse du designer.
Photo Jean-François Desgagnés
Des témoins de l’inspiration religieuse du designer.

L’émotion a gagné M. Poitras devant la poupée qui l’a accompagné toute son enfance, qu’il habillait en cachette de son père, a-t-il dit, la gorge nouée par l’émotion. Élevé auprès de sa mère, ses tantes et sa grand-mère maternelle, une sage-femme qui l’a mis au monde, Jean-Claude Poitras a d’abord été fasciné par la mode ecclésiastique.

Il a ainsi créé plusieurs tenues du dimanche, inspirées par le côté cérémonial de la religion. « J’ai toujours dit que mes premiers défilés de mode, je les faisais à la messe du dimanche », a-t-il confié.

Le couturier n’a rien perdu de sa verve et de son charisme.
Photo Jean-François Desgagnés

Plus tard, Jean-Claude Poitras délaisse la sobriété de l’univers religieux et développe une passion pour le cinéma. Avec ses muses, il s’inspire des Audrey Hepburn et Marylin Monroe pour créer des robes plus éclatées. Plusieurs personnalités publiques portent du Poitras, dont Andrée Lachapelle, Lisette Lapointe, ancienne première dame du Québec, et Kim Yaroshevskaya, interprète de Franfreluche.

Puis, c’est lors de ses voyages que Jean-Claude Poitras a apprivoisé les textiles imprimés, regroupés dans une troisième zone.

Un homme libre

Une des fameuses robes de mariée qu’il a créées au cours de sa vie clôt l’exposition. « C’est un peu un bilan, mais pas nostalgique du tout, au contraire, affirme-t-il. J’ai toujours été cet homme libre, et j’en suis très fier. Je n’ai obéi à aucune règle, je n’ai fait qu’à ma tête avec les hauts et les bas que ç’a pu provoquer. »

Et c’est ce qu’il souhaite transmettre à la prochaine génération de créateurs.


► L’exposition se déroule jusqu’au 15 septembre au Musée de la civilisation.

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