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Notre histoire vraie ou inventée

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Sur d’autres plateformes, on se délecte des Tudor, The Crown, Borgias, Rome, Marco Polo et autres. Les séries historiques fascinent, mais coûtent cher. Nous en produisons donc peu. Toutefois, elles suscitent la curiosité et sont le reflet d’une époque ou de notre histoire. Une histoire qui se perd et qui peine à intéresser nos jeunes. En ce week-end de la Fête nationale, en voici quelques-unes qui ont marqué le petit écran et qui nous en disent un peu plus sur qui nous sommes et d’où nous venons.

17e siècle

Shehaweh | Radio-Canada (1993)

Photo d’archives, Radio-Canada

 

Cette série de Fernand Dansereau, réalisée par Jean Beaudin, raconte une histoire sans doute maintes fois vécue en silence alors qu’une jeune Autochtone (Marina Orsini) est enlevée à son peuple pour être élevée par les Français en pleine conquête du territoire. Leur but ? La « civiliser ». Créée en marge des célébrations du 350e anniversaire de Montréal, cette histoire romancée se déroule au début de la colonisation de la Nouvelle-France. On y retrouve Marguerite Bourgeoys, Jeanne Mance, Chomedey de Maisonneuve, Frontenac. Elle a permis de poser une réflexion sur l’époque et ses façons de faire assez brutales qu’on oublie trop souvent.

18e siècle

Les belles histoires des pays d’en haut | Radio-Canada (1956 à 1970)

Les Pays d’en haut | Radio-Canada (depuis 2016)

Photo d’archives, Radio-Canada
Photo d’archives, Radio-Canada

 

Ce classique de Claude-Henri Grignon écrit dans les années 30 a définitivement frappé notre imaginaire. Nous sommes dans les Laurentides à l’ère de la colonisation de la fin du 19e siècle alors qu’un homme avare et sans scrupule contrôle le petit village de Sainte-Adèle et en exploite ses habitants. Ses manigances vont à l’encontre des volontés du curé Labelle, qui espère la construction d’un chemin de fer et des jours économiquement meilleurs. Dans cette œuvre, réalité et fiction se côtoient puisque certains personnages ont bel et bien existé alors que d’autres sont issus de l’imaginaire de l’auteur tout en s’introduisant dans le patrimoine culturel québécois.

Marguerite Volant | Radio-Canada (1996)

Photo d’archives, Radio-Canada

 

Le réalisateur Charles Binamé nous ramène en 1763 alors que le roi Louis XV cède la Nouvelle-France à l’Angleterre. Marguerite, fille du sieur Claude Volant et petite-fille de l’explorateur Pierre-Esprit Radisson, n’est alors qu’une adolescente, mais l’instabilité s’installe dans son quotidien, entraînant la mort de ses proches. Elle devient une véritable battante qui n’hésite pas à narguer l’ennemi. Sa situation illustre bien les conditions de vie dans lesquelles étaient plongés les peuples conquis.

19e siècle

Les filles de Caleb | Radio-Canada (1990-91)

Photo d’archives

 

Fernand Dansereau et Jean Beaudin ont porté cette adaptation du célèbre roman d’Arlette Cousture pour en faire un des plus gros succès de notre petit écran. Bien que fictives, les familles Bordeleau et Pronovost démontrent bien la réalité de la population rurale au Québec à l’aube du 20e siècle. Si l’action s’articule autour de l’histoire d’amour d’Émilie (Marina Orsini) et Ovila (Roy Dupuis), on y sent la dureté de la vie et du travail de la terre, le manque d’instruction que venaient tranquillement combler les premières enseignantes, la solitude des mères, l’exil des pères pour des contrats plus lucratifs loin de la maison. Une façon romancée de découvrir le passé pas si lointain de nos ancêtres.

20e siècle

Duplessis | Radio-Canada (1978)

Photo d’archives

 

Personnage qui ne laissait personne indifférent et qui a « régné » sur le Québec pendant 20 ans, il a aussi été le sujet d’étude de Denys Arcand qui a signé cette minisérie réalisée par Mark Blandford (à qui l’on doit aussi Les grands procès). Pour s’assurer de la véracité des faits et des paroles, l’historien Jacques Lacoursière y a été recherchiste. En seulement sept épisodes, on passe à travers la dénonciation des comptes publics, la fondation de l’Union nationale, les liens unissant politique et Église, ses méthodes de gouvernance peu orthodoxes. Jean Lapointe prête ses traits au premier ministre.

La famille Plouffe Radio-Canada (1953-59)

Photo d’archives, Radio-Canada

 

Œuvre de Roger Lemelin portée sur nos ondes naissantes, cette série brossait le tableau d’une famille issue du milieu ouvrier de Québec dans les années 40, alors que la planète se remettait péniblement de la Seconde Guerre mondiale. Cette œuvre fictive a traversé le temps et connu des adaptations cinématographiques en dépeignant avec justesse le contexte socio-économique, politique et religieux de l’époque. Les gens se sont reconnus dans cette famille ordinaire, figure matriarcale, engagement, aspiration d’une situation meilleure.

Montréal ville ouverte | TVA (1992)

Photo d’archives, TVA

 

Nous sommes dans les années 1940-50 alors que la corruption et le crime organisé sévissent à Montréal. Ce sont les grosses années du Red Light (dont il reste peu de vestiges) alors que la ville avait une réputation de ville festive, mais pas nécessairement pour les bonnes raisons. Pacifique Plante, policier et avocat, est nommé chef de l’escouade de la moralité. Il avait l’habitude d’intervenir avec fracas dans des lieux clandestins, ce qui lui a coûté son poste. La série écrite par Lise Payette s’est inspirée de sa vie. Michel Côté incarnait Pax Plante alors que Raymond Cloutier campait Jean Drapeau avant qu’il devienne maire de la ville.

Jean Duceppe Télé-Québec (2002)

Photo d’archives, Télé-Québec

 

Duceppe a été un de nos grands comédiens, un homme engagé qui a aussi fondé sa compagnie théâtrale, mais aussi un homme de conviction. Paul Doucet l’a incarné dans cette minisérie qui revient sur quelques-uns des moments importants de sa carrière aux côtés de Juliette Béliveau, Denise Pelletier ou Janine Sutto, sur son engagement nationaliste et aussi sur le père de famille inspirant, aimant, mais souvent absent qu’il a été.

Chartrand et Simonne Radio-Canada (2000)

Simonne et Chartrand Télé-Québec (2003)

Photo d’archives

 

Michel Chartrand a été un grand défenseur de la justice sociale et un syndicaliste et militant actif. Simonne Monet a été elle aussi une grande ­syndicaliste et militante et surtout une grande alliée de la cause féministe. Leurs parcours sont ­indissociables de notre histoire moderne. Leur fils, le cinéaste Alain Chartrand, leur a rendu hommage dans une première série montrant les luttes de son père puis, dans une seconde, ­évoquant celles de sa mère, mais toujours avec la force de leur couple et de leur admiration mutuelle en toile de fond. Luc Picard et Geneviève Rioux les ont campés avec beaucoup de justesse.

René Lévesque TVA (1994)

René : Le destin d’un chef Radio-Canada (2006-2008)

Photos d’archives

 

De toute notre histoire politique, peu importe nos allégeances, tous reconnaissent que René Lévesque aura été marquant et charismatique. Ce n’est donc pas étonnant que la télévision s’y soit intéressée. En 1994, Denis Bouchard lui a prêté ses traits dans une première série malheureusement critiquée dans laquelle on passait à travers sa vie de l’enfance jusqu’à son décès en 1987. En 2006, une seconde minisérie avec Emmanuel Bilodeau voit le jour inspiré de la biographie écrite par Pierre Godin. La première saison raconte la vie de Lévesque de 1958, alors qu’il était journaliste, au début des années 70, naissance du Parti Québécois. La seconde saison se penche notamment sur le référendum de 1980 jusqu’à ce qu’il tire sa révérence.