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Repêchage LNH: Bergevin prône la prudence

Grand manitou du Canadien, Marc Bergevin ne cache pas qu’il aimerait amorcer la prochaine campagne avec du renfort à la ligne bleue.
Photo d’archives Grand manitou du Canadien, Marc Bergevin ne cache pas qu’il aimerait amorcer la prochaine campagne avec du renfort à la ligne bleue.

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VANCOUVER | Marc Bergevin garde toujours son jeu fermé à l’approche de deux moments cruciaux de la saison, soit le repêchage et l’ouverture des joueurs autonomes.

À cette période de l’année, il y a toujours des tonnes de rumeurs. On alimente la bête sur tous les circuits possibles. Pour dix bruits de corridors, il y a probablement une seule piste crédible.

En plein cœur de la finale de la Coupe Stanley, le nom d’Erik Karlsson circulait avec le Canadien. On racontait que son épouse désirait se rapprocher d’Ottawa et que Montréal faisait partie des destinations possibles pour le défenseur suédois. C’était finalement juste du vent. Du gros vent.

Le 17 juin dernier, Karlsson a paraphé un contrat de huit ans et 92 millions (11,5 millions l’an) avec les Sharks de San Jose.

Une saine gestion

Si le rêve de voir Karlsson dans un uniforme bleu, blanc et rouge a pris fin, d’autres gros noms prendront le relais d’ici le 1er juillet. Matt Duchene à Montréal ? Artemi Panarin à Montréal ? Anders Lee à Montréal ? C’est du bonbon pour les différentes émissions sportives. Mais dans la réalité, c’est souvent une autre histoire.

À la veille du repêchage de la LNH à Vancouver, Bergevin n’a pas complètement détruit cette bulle, mais il s’est tenu bien loin de se transformer en vendeur de rêves. Il a répété qu’il ne ressentait pas plus de pression sur ses épaules à l’entrée de cette période charnière de la saison.

« Le joueur repêché au 15e rang ne jouera probablement pas avec nous dès l’an prochain, Trevor a raison. Oui, je regarde toujours pour ajouter des éléments. Mais je dois être responsable. Le plafond ne montera pas autant que prévu. On a des jeunes qui progressent, Kotkaniemi, Domi, même Poehling. S’ils progressent comme je le pense, je détesterais devoir échanger, dans trois ans, un de ces joueurs pour faire de la place à un joueur qu’on embaucherait cet été. Donc je dois être très intelligent. Mais j’évalue toutes les options. »

Bergevin a toujours dit qu’il désirait construire son équipe par l’entremise du repêchage et que la date du 1er juillet était celle où les DG commettaient les plus grandes erreurs. Il n’a pas changé d’avis.

Pour attirer un Duchene avec le CH, Bergevin devrait lui consentir la lune, probablement près de dix millions par saison et pour une longue période. Les Sabres de Buffalo ont ouvert la porte à encore plus de folies avec le contrat donné à Jeff Skinner de 72 millions pour huit ans (9 M$ par année). Les Flyers de Philadelphie et leur nouveau directeur général, Chuck Fletcher, ont poursuivi dans le même élan en brisant leur coffre-fort pour Kevin Hayes (7 ans et 50 millions, soit 7,142 M$ par année).

« Oui, c’est certain que ça fait réfléchir, a-t-il répliqué lorsque questionné sur la récente vague des gros contrats. Comme gestionnaire, je dois rester prudent. Mais je ne commente pas les autres. Chacun fait ses affaires à sa façon. »

Sans surprise, Bergevin a confié qu’il regardera pour du renfort à la ligne bleue, idéalement avec un gaucher pour jouer avec Shea Weber ou Jeff Petry.

« Oui, j’aimerais ajouter un défenseur, a-t-il répondu. En attaque, si je peux nous améliorer, je vais le faire. Mais l’an passé, même si on a raté les séries, nos joueurs ont bien joué. Si on peut ajouter une victoire ici et là, on sera corrects. »

Dans la bonne direction

À la fin de la dernière saison, Carey Price avait lancé un message à la direction en rappelant que sa fenêtre pour gagner une Coupe Stanley ne serait pas éternelle. C’était une façon assez claire pour dire qu’il aimerait voir des renforts pour la prochaine saison.

« Non, je n’ai pas plus de pression puisque j’ai des conversations avec Carey et il sait où l’équipe s’en va, a répliqué Bergevin. Je pense qu’il aime aussi notre équipe. »

« J’aime la direction dans laquelle l’équipe se dirige. Nous avons fait de gros pas vers l’avant. Nous avons misé sur la rapidité et la jeunesse. Nous avons surpris plusieurs gens avec notre progression l’an dernier et nous voulons poursuivre dans ce même chemin. »

Le chemin risque donc d’être celui de la patience. Mais on ne sait jamais. Dans le passé, Bergevin n’a pas eu peur de bouger. Et quand il le faisait, c’était en toute discrétion.

Doug Wilson, le DG des Sharks, a dit qu’il y avait beaucoup de tractations à quelques heures du repêchage. Bergevin, lui, a apporté un son de cloche différent.

« Moi, je pense que c’est un peu le contraire. Je trouve qu’il y a moins de discussions que lors des années précédentes. »

C’était peut-être une façon de détourner l’attention dans une autre direction.