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Le Trump Show, prise 2

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Quatre ans après son entrée en politique, Donald Trump démarrait officiellement mardi sa campagne pour obtenir un second mandat en novembre 2020. Les circonstances et les décors ont changé, mais pas le style ni le contenu.

Même si le rassemblement d’Orlando marquait le lancement officiel de la course électorale pour 2020, Donald Trump est en campagne depuis le premier jour de sa présidence en répétant le même message de la même façon qu’en 2016.

Comme les sondages suggèrent que ça ne lui réussit pas, on aurait pu s’attendre à du nouveau, mais ce rassemblement inaugural ressemblait à tous les autres.

Trump n’a pas changé. Il ne changera pas.

Plus ça change...

Beaucoup d’autres choses ont changé en quatre ans. En juin 2015, Donald Trump déclarait sa candidature devant quelques douzaines de figurants rémunérés. Mardi, ils étaient 20 000 entassés dans l’aréna d’Orlando et des dizaines de milliers dehors pour acclamer avec enthousiasme leur idole.

Il y a quatre ans, Donald Trump était un corps étranger dans le Parti républicain. Aujourd’hui, ce parti lui appartient. Il se vantait alors de son inexpérience et promettait une campagne modeste.

Aujourd’hui, Trump exploite les avantages de sa fonction et les millions affluent dans les coffres d’une campagne qui sera tout, sauf modeste.

On prenait Trump à la légère en 2015. Plus maintenant. Ses chances de réélection sont réelles, et s’il était largement sous-estimé en 2015, ce n’est certes plus le cas.

... plus c’est pareil

Mardi, il n’y a pas eu de surprises. Trump est resté Trump: la même gestuelle de mâle alpha, les mêmes insultes puériles, la même fixation maladive sur Hillary Clinton, les mêmes exagérations invraisemblables, les mêmes mensonges pathologiques.

Il a répété ses mensonges habituels, entre autres sur les politiques de santé, les services aux vétérans et sur son mur, sans oublier ce qu’il invente pour calomnier ses adversaires. Même quand les faits crus l’avantagent, comme pour l’économie, il les cuisine et les exagère, souvent de façon caricaturale.

Le style et le contenu du message de Trump ne changent pas. Cela enchante ses partisans inconditionnels, mais l’électorat général semble s’en lasser autant, sinon plus, qu’il ne s’en offusque.

Nouvelle normalité ?

Étant donné la bonne tenue de l’économie et l’avantage dont dispose un président en exercice, les chances de réélection du président devraient « normalement » être bien meilleures que ce que les sondages actuels suggèrent.

Le problème, pour Trump, est que sa présidence n’est pas « normale ». Malgré l’économie favorable, une solide majorité de ses concitoyens désapprouve sa façon de gouverner et de faire de la politique.

Pourtant, Trump garde le cap. Peut-être fait-il le pari que s’il ne peut pas devenir lui-même « normal » il parviendra d’ici à novembre 2020 — à force de mentir, d’enfreindre les normes et d’ignorer la plus élémentaire civilité—à redéfinir la normalité à son image.

S’il y parvenait, son deuxième mandat ressemblerait probablement au premier, mais les valeurs démocratiques américaines, elles, deviendraient méconnaissables.