/opinion/columnists
Navigation

Les routes de la fin du monde

Coup d'oeil sur cet article

En 2009, The History Channel a commencé à diffuser l’une des séries documentaires les plus bizarres de l’histoire de la télé : Life After People.

Chaque semaine, des scientifiques et des ingénieurs nous expliquaient le plus sérieusement du monde ce qui va se passer sur Terre lorsque l’humanité disparaîtra.

Qu’arrivera-t-il aux gratte-ciel ?

Combien de temps ça prendra pour que l’Empire State Building s’effondre ?

Qu’arrivera-t-il aux ponts ? Aux barrages ? Aux réacteurs nucléaires ? Aux monuments ? Aux raffineries ? Aux systèmes d’égouts ? Aux gens maintenus en état d’hibernation ?

Ça prendra combien d’années avant que la ville de New York ne soit transformée en jungle, comme dans le film d’anticipation I Am Legend ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

FILMÉ AU QUÉBEC ?

Cette série psychotronique qui ressemblait à un « wet dream » d’écolo radical a duré trois saisons.

Une semaine, on s’est intéressé à l’état des réseaux routiers.

Mettons que l’humanité disparaissait demain...

Ça prendrait combien de temps avant que les routes ne se mettent à se fissurer au point de devenir impraticables ?

(Question éminemment stupide, car si l’humanité disparaissait, on n’aurait plus besoin de routes...)

Et là, on nous montrait, à l’aide d’images numériques, des autoroutes laissées à l’abandon.

Des routes qui se crevassaient. Qui se lézardaient.

Des bouts d’asphalte qui fondaient, de la mauvaise herbe qui poussait entre les joints, etc.

Je vous jure, ça ressemblait aux routes du Québec.

Pendant quelques secondes, j’ai pensé que ça avait été tourné ici.

« Vous voulez savoir à quoi ressembleront nos axes routiers lorsque nous cesserons d’en prendre soin ? Allez au Québec ! »

COMME MELANIA TRUMP

On rit, mais ce n’est pas drôle.

C’est quasiment ce qu’on a fait avec nos routes. On les a laissées à l’abandon.

Tous ceux qui possèdent une maison le savent : il faut toujours faire des travaux d’entretien.

Toujours.

Un été, tu refais la galerie. L’été suivant, tu refais le patio. L’autre été, tu refais la toiture.

Etc., etc.

C’est une ronde infinie. Ou tu donnes des milliers de dollars à des entrepreneurs qui ne respecteront ni ton budget ni ton échéancier.

Ou tu essaies de le faire toi-même, et tu passes tes étés dans les quincailleries à grande surface à fixer des boulons.

C’est ça, avoir une maison.

C’est comme Melania Trump. C’est de la grosse job.

Une année, les lèvres ou les yeux. L’année suivante, les seins ou les fesses.

Ça ne finit jamais. Un ravalement de façade continu.

Sinon, paf ! tout s’affaisse...

Le hic, c’est que ce n’est pas sexy de refaire une route. C’est de l’intendance, et l’intendance n’intéresse personne.

Les politiciens préfèrent ouvrir de nouvelles routes. Couper des rubans devant des fanfares et des caméras.

Ça, c’est payant politiquement !

Résultat : on n’a pas pris soin de notre maison, et on s’est retrouvé, des années d’incurie plus tard, à tout devoir faire en même temps.

Le toit, la galerie, le balcon, la terrasse, les fondations, les murs...

LE BORDEL

Et ça donne ce qu’on voit aujourd’hui : des routes décâlissées sur des kilomètres et des kilomètres.

Des travaux, des barrages, des détours...

Bref, le bordel.

Le monde après la fin du monde.