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Femme enceinte heurtée mortellement: la défense s’attaque à la crédibilité du médecin de Falardeau-Laroche

Jonathan Falardeau-Laroche, <i>accusé</i>
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Jonathan Falardeau-Laroche, accusé

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Le médecin de Jonathan Falardeau-Laroche avait un intérêt à mentir et à « ajuster son récit » sur la consultation qui est survenue le 10 août 2016, quelques minutes avant le drame qui a coûté la vie à Marie-Pier Gagné, une femme enceinte de 40 semaines fauchée sur le boulevard Laurier.

Dans le cadre des plaidoiries au procès de Jonathan Falardeau-Laroche accusé de négligence criminelle causant la mort d’une femme enceinte, l’avocat de l’accusé s’est attaqué à la crédibilité du médecin traitant. Le Dr Michel Sylvain est un neurologue pour enfant qui a suivi Falardeau-Laroche pendant 13 ans.

Selon Me Simon Roy, le médecin a « menti, déformé la réalité et ajusté son récit. Pourquoi ? Par peur ou par intérêt. » Selon l’avocat, le Dr Sylvain a fait une « erreur médicale » lorsqu’il a prescrit un nouveau médicament à Falardeau-Laroche un mois avant le drame, « sur le coin d’une table » sans consulter son rapport médical.

Dans ce rapport, il était inscrit que le Keppra, le nouveau médicament, avait été inefficace dans le passé pour traiter les crises d’épilepsie du jeune homme. Le Dr Sylvain était donc inquiet des répercussions de cette erreur médicale sur sa carrière, a fait valoir l’avocat.

Crainte de poursuite

« Il avait toutes les raisons du monde de craindre une poursuite civile » provenant de la famille de la victime, de l’accusé ou encore de faire face à une plainte au Conseil des médecins.

Ainsi, le neurologue aurait « ajusté son récit », selon la défense, lorsqu’il a dicté son rapport de consultation le 10 août 2016, après avoir appris que son client était impliqué dans l’accident mortel devant le CHUL.

Dans ce rapport, il dit avoir été « assez clair » sur le fait que Falardeau-Laroche ne pouvait pas conduire. Pour Me Roy, il s’agit d’une « menterie ». À l’inverse, il prétend que son client a toujours eu le même discours lors de l’interrogatoire de police, selon lequel le médecin ne lui a pas interdit de conduire.

Au contraire, le procureur Thomas Jacques a dit au préalable que le témoignage du neurologue était « clair », « précis » et « détaillé ». De plus, il a rappelé les témoignages d’anciens collègues qui avaient averti l’accusé de ne pas conduire en raison de ses « absences » pendant qu’il travaillait au garage de son père. Pour Me Jacques, l’accusé a fait preuve d’une « insouciance téméraire et déréglée à l’égard de la vie d’autrui ». Les plaidoiries étant closes, le juge Pierre Rousseau a pris la décision en délibéré jusqu’au mois d’octobre.