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Somptueux Lapointe

Le chanteur était accompagné de l’Orchestre Métropolitain, jeudi soir, à la Maison symphonique

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Douze ans après l’avoir accompagné en clôture des FrancoFolies, le 5 août 2007, l’Orchestre Métropolitain retrouvait à nouveau Pierre Lapointe, jeudi, à la Maison symphonique. Ce mariage naturel, tout en sobriété, a mis de l’avant la beauté des pièces de l’auteur-compositeur.

Pierre Lapointe nous a souvent habitués à des spectacles extravagants, ou à concept très original, lors de ses nombreux passages aux Francos. Jeudi toutefois, le chanteur a mis de côté toute facétie pour livrer un spectacle on ne peut plus classique, brillamment accompagné d’un orchestre symphonique et du chef David Russell Martin.

Dans sa tournée pour La science du cœur, Pierre Lapointe était flanqué de deux musiciens et se permettait quelques petites folies, appuyé par de savants jeux d’éclairage. À la Maison symphonique jeudi, l’heure était plutôt à la sobriété et au recueillement.

Élégamment vêtu d’un ensemble marine et d’un col roulé et de baskets blancs, Lapointe n’a utilisé que son instrument vocal pour ce concert, laissant la portion piano à Philippe Chiu, qui l’a suivi pendant toute la tournée de La science du cœur.

Au programme, on retrouvait 22 morceaux, dont la totalité de La science du cœur et aussi plusieurs titres du très beau Paris tristesse. Les somptueux arrangements symphoniques, signés David François Moreau, ont souvent permis à Lapointe d’installer tranquillement chaque chanson, avant d’être progressivement rejoint par l’orchestre pour des finales souvent intenses, parfois presque épiques.

Tout en retenue

Sur la superbe Nu devant moi, le chant de Lapointe était tout en retenue. On aurait pu entendre une mouche voler dans la salle, tant l’auditoire était attentif. La dramatique Je déteste ma vie a aussi bénéficié d’une finale puissante.

Ne manquant pas d’humour, Pierre Lapointe a introduit la jolie Le retour d’un amour en parlant d’une histoire d’amour qui s’est mal terminée.

« Parfois, on tombe amoureux d’un con et on essaie de se convaincre que cette personne-là n’est pas conne. La chose qui m’a réconcilié avec cette histoire-là, c’est que ç’a donné une super belle chanson. Je fais des droits d’auteur avec cette chanson-là. J’espère que lui est pauvre ! »

Avant d’entamer L’étrange route des amoureux, la pièce la plus joyeuse de la soirée, Lapointe a dit au public qu’il pouvait lâcher un peu son fou. « Mais pas trop. Ce n’est pas la Compagnie créole ! C’est comme si c’était une fête de Noël, mais qu’on passait tout seul ».

Puisque Pierre Lapointe nous a souvent servi des prestations éclatées dans le passé, l’exercice symphonique de jeudi pouvait parfois paraître monotone, voire prévisible. On aurait bien pris quelques petites surprises durant les quelque 90 minutes qu’a duré le concert.

Mais c’est lors de l’interprétation de la vibrante La science du cœur que le contexte symphonique a pris tout son sens. À donner des frissons.