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Voyage payé pour des pro-maternelles 4 ans: l’opposition dénonce la manœuvre du ministre Roberge

La députée libérale, Marwah Rizqy
Photo d'archives, Simon Clark La députée libérale, Marwah Rizqy

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Les partis d’opposition dénoncent «l’ingérence» du gouvernement Legault dans le travail parlementaire, après que celui-ci ait remboursé les frais de voyage d’alliés new-yorkais venus témoigner en faveur de son projet de maternelles 4 ans pour tous.  

Libéraux, solidaires et péquistes souhaitent que l’Assemblée nationale se penche sur la manœuvre de Jean-François Roberge, qui a assumé à même les budgets de son ministère une facture de 4825$ pour permettre à deux pro-maternelles 4 ans en provenance de la Grosse Pomme d’intervenir en commission parlementaire.  

«Ce n’est pas souhaitable que d’avoir un ministre de l’Éducation qui est prêt à payer des gens pour entendre ce qu’il a envie d’entendre», a pesté la députée libérale Marwah Rizqy, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.  

Elle a rappelé que le gouvernement a refusé plusieurs experts québécois qui souhaitaient se faire entendre lors des consultations sur le projet de loi 5, qui étend les classes de maternelle 4 ans à l’ensemble du Québec.  

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La députée de Saint-Laurent a signalé que les intervenants new-yorkais ne connaissaient rien du réseau québécois de la petite enfance. «Si on est rendu à payer des gens pour venir de l’extérieur, c’est parce que clairement, on manque d’appuis au Québec», a-t-elle insisté.  

Une «tendance dangereuse» 

La péquiste Véronique Hivon est inquiète. «C’est inacceptable, d’abord parce que ça donne vraiment une apparence de conflit d’intérêts», dit-elle. La députée de Joliette est «troublée» par ce qu’elle considère comme de l’ingérence de l’exécutif dans le législatif.  

Véronique Hivon, députée de Joliette
Photo Simon Clark
Véronique Hivon, députée de Joliette

«C’est vraiment le gouvernement qui arrive avec ses gros sabots pour, à tout prix, faire entendre un groupe, affirme-t-elle. C’est une tendance dangereuse». Le Parti québécois a d’ailleurs l’intention de saisir l’Assemblée nationale de cette façon de faire inhabituelle et inusitée.    

Roberge l’idéologue 

La solidaire Christine Labrie déplore le «double standard» accordé aux groupes de la société civile. Elle souligne que le gouvernement a refusé d’entendre plusieurs intervenants québécois qui ont pourtant une solide expertise. C’est le cas par exemple de la Commission scolaire de Montréal, qui offre des maternelles 4 ans depuis maintenant dix ans.  

La députée de Québec solidaire, Christine Labrie
Photo d'archives, Simon Clark
La députée de Québec solidaire, Christine Labrie

«Le fait que (le ministre Jean-François Roberge) décide de choisir avec des œillères qui il souhaite entendre en commission parlementaire, moi je trouve ça inquiétant. C’est l’idéologie qui le dirige en ce moment. Il n’est pas en train d’essayer d’écouter les commentaires des groupes pour améliorer son projet, il est en train de chercher à entendre seulement les personnes qui appuient son projet tel que lui le propose», soutient Mme Labrie.