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Groupe Desgagnés: quand les pirates influencent la construction des navires

L’entreprise de Québec évalue toujours les risques d’un acte de piraterie et se prépare en conséquence

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Lorsqu’il fait construire ou achète de nouveaux navires, le Groupe Desgagnésévalue toujours si son transporteur pourrait être victime d’un acte de piratage. Si oui, la compagnie l’adapte pour maximiser la sécurité et des mercenaires armés sont alors embauchés pour traverser les zones plus difficiles. 

Groupe Desgagnés touche du bois. Jamais, l’un des navires de la compagnie a été victime de pirates. Le large de la Somalie étant toujours «des eaux à risque», concède toutefois le président et chef de la direction, Louis-Marie Beaulieu. C’est pourquoi il n’hésite pas à prendre des mesures pour protéger ses troupes et la cargaison. 

«Le piratage, cela existe encore. Il y a encore beaucoup de navires touchés», répond le patron. «Lors de la construction d’un navire, il y a des choses qu’on ajoute si on pense naviguer dans des endroits plus difficiles. On peut mettre des barbelés, des systèmes de communication spéciaux, des caches pour l’équipage où ils peuvent s’embarrer et des systèmes d’alerte cachés dans le navire», énumère-t-il. 

Chez Groupe Desgagnés, une dizaine de navires dédiés au transport de marchandises sont actuellement équipés de ces installations. 

250 millions $ 

Depuis 2015, ce sont près de 250 millions $ que l’entreprise, dont le siège social est installé à Québec, a injecté pour bonifier sa flotte de navires qui sillonne les eaux internationales et celles du Québec. Deux autres bateaux en fin de vie utile devront être aussi remplacés au cours des deux prochaines années. 

Au total, ce sont quatre nouveaux navires qui ont été construits au chantier maritime Besiktas en Turquie pour 50 millions $ chacun en l’espace de quatre ans et un autre a été acheté en avril dernier. Ces nouveaux bateaux n’ont toutefois pas été conçus pour repousser des attaques de pirates. 

Ils sillonneront le réseau Grands Lacs, le fleuve Saint-Laurent, l’Arctique canadien, les côtes est du Canada et des États-Unis ainsi que le golfe du Mexique. 

«Au besoin, ils pourront être adaptés», note M. Beaulieu. «Chaque année, nous investissons entre 75 et 100 millions $ pour augmenter ou remplacer des navires», ajoute-t-il. 

Baptême 

Jeudi, la direction du Groupe Desgagnés a baptisé ses nouveaux jumeaux pétroliers-chimiquiers, soit le N/C Paul A. Desgagnés et le N/C Rossi A. Desgagnés. Il s’agit de navires de 15 000 tonnes de classe polaire à bicarburation/gaz naturel liquéfié. 

Adaptés au transport de produits pétroliers raffinés ou chimiques, ces navires, nommés en l’hommage de deux bâtisseurs chez Desgagnés, sont un concept développé par l’entreprise qui vise à optimiser la sécurité et à diminuer l’empreinte environnementale. Ils pourront naviguer à travers les glaces. 

Les deux autres navires du groupe construits en Turquie au cours des dernières années sont le Damia Desgagnés, premier asphaltier à bicarburation au monde, et le Mia Desgagnés, un pétrolier-chimiquier. 

En haute saison, Desgagnés fait travailler plus de 1100 personnes. La direction souligne qu’elle doit actuellement refuser des contrats en raison du manque de personnel. 

Le chiffre d’affaires de la compagnie, qui a notamment des clients en Chine, en Australie, au Japon, aux États-Unis, en Europe et au Canada, est d’environ 325 millions $. Elle se spécialise dans le transport de vrac liquide, de marchandises et de passagers. 

Desgagnés exploite une flotte d’une vingtaine navires, offrant un total de plus de 375 000 tonnes de port en lourd ou une capacité totale avoisinant les 450 000 m³.