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Un conseiller en marketing serait le principal suspect

L’ex-employé aurait volé les données sur une clé USB

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 Le principal suspect du plus grand vol de renseignements personnels jamais perpétré chez Desjardins occupait un poste de conseiller dans l’entreprise.   

 L’homme de 37 ans, qui réside dans la région de Québec, aurait notamment été « conseiller en marketing et segmentation » au moment de son congédiement.   

 Puisqu’il n’est toujours pas accusé, Le Journal a choisi de ne pas l’identifier.   

 Selon nos informations, qui n’ont toutefois pas pu être confirmées auprès des policiers, les données sur les clients du Mouvement des caisses Desjardins étaient stockées sur une clé USB. Celle-ci aurait été saisie lors d’une perquisition.    

 Nom, prénom, date de naissance, numéro d’assurance sociale, adresse, numéro de téléphone, courriel et informations sur les habitudes transactionnelles : tout cela apparaît dans les informations sensibles de près de trois millions de membres de la coopérative qui ont ainsi été transférées vers l’extérieur de l’organisation.    

 Pas entre ses mains   

 La clé n’était alors pas entre les mains de l’employé soupçonné, mais l’enquête aurait permis malgré tout de remonter jusqu’à lui.    

 L’individu qui fait désormais l’objet d’une enquête de la police de Laval a été remercié par le fleuron québécois lors de la découverte de la supercherie.    

 Il pourrait ne pas avoir agi seul, croient cependant les enquêteurs.    

 Selon les documents que Le Journal a pu consulter, l’homme avait des connaissances aiguisées en informatique.    

 Élève doué   

 Il a d’ailleurs fait partie du tableau d’honneur de l’Université Laval quand il a reçu son diplôme de deuxième cycle, soit une maîtrise en administration des affaires, dans la cohorte de 2004-2005.    

 C’était plus particulièrement un programme de gestion des technologies de l’information.    

 On ne connaît pas plus de détails sur l’ascension de sa carrière ni le moment de son embauche chez Desjardins.    

 Sa supercherie a toutefois été démasquée en décembre, quand la direction a alerté la police de Laval pour lui faire part de gestes suspects dans son système.    

 Cinq mois plus tard, à la fin mai, l’institution financière a appris des forces policières « qu’un nombre restreint de membres » avaient été touchés par une « fuite ».    

 Avec l’augmentation du nombre d’usagers touchés, la nouvelle a ébranlé le Québec jeudi, alors que le président-directeur général de Desjardins, Guy Cormier, s’est dit « trahi ».    

 L’employé déchu, originaire de Rimouski, est propriétaire d’une résidence principale et il en a un condo en location dans la MRC de Bellechasse, dans Chaudière-Appalaches, selon des actes hypothécaires consultés par le Journal.    

 Sa maison principale a été mise en vente il y a environ deux semaines, a-t-on pu constater, vendredi, sans toutefois pouvoir parler au propriétaire qui était absent.    

 Un directeur des affaires électroniques de Desjardins porte un nom similaire au suspect et réside également dans la région de Québec.   

 - Avec Arnaud Koenig-Soutière, Le Journal de Québec et le Bureau d’enquête