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Coût de plus d'un milliard $: Pas d’enfouissement des lignes d’Hydro avec le 3e lien

Les coûts astronomiques d’un milliard $ ont fait reculer le gouvernement Legault

Pylones ile d orleans
Photo Simon Clark S’il abandonne son idée d’enfouir des lignes à haute tension, le gouvernement Legault a réitéré sa volonté de « préserver l’aspect patrimonial de l’île d’Orléans » avec le projet de troisième lien.

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Le premier ministre Legault fait une croix sur le projet d’enfouissement des lignes à haute tension sous l’île d’Orléans avec le troisième lien en raison des coûts trop importants de plus d’un milliard de dollars.

Hydro-Québec a complété son étude et remis ses réponses au gouvernement, comme demandé par le premier ministre François Legault.

« Techniquement, c’est réalisable. Ça serait une première, mais c’est réalisable d’enfouir des lignes à haute tension de 735 000 volts », a soumis le porte-parole d’Hydro-Québec, Serge Abergel. Cependant, « les coûts sont importants : on parle de plus d’un milliard de dollars pour un tronçon de moins de 10 km. »

À titre de comparaison, une ligne aérienne de la même tension d’une longueur de 400 km a coûté 1,4 milliard $.

Au bureau du premier ministre, on n’a pas tardé à mettre le couvercle sur la marmite. On a confirmé qu’on n’ira pas de l’avant avec le projet. « On ne sera pas en mesure de le faire en raison de la technologie et des coûts importants », a confirmé Ewan Sauves, attaché de presse du cabinet Legault.

Le cabinet a également fait cette déclaration : « Après un examen par Hydro-Québec, nous arrivons à la conclusion que de démanteler les pylônes qui enjambent l’île d’Orléans pour faire passer les lignes de transmission par le troisième lien serait trop onéreux, en plus de représenter un défi technique important. Selon une évaluation préliminaire d’Hydro-Québec, il en coûterait plus d’un milliard de dollars, notamment en raison du fait que la technologie n’existe pas. »

« Embellir le paysage »

L’idée de profiter du troisième lien pour enfouir les lignes à haute tension qui passent actuellement de part et d’autre de l’île avait été lancée par le premier ministre après son élection, en novembre dernier. L’objectif était d’« embellir le paysage » et de faire du troisième lien un projet de développement durable.

C’est l’excavation pour l’enfouissement des lignes qui fait grimper la facture, explique Serge Abergel. Le fait que le projet est sous-fluvial apporte aussi une complexité supplémentaire. Le coût du câble sera aussi important. Un câble de cette tension qu’on voudrait enfouir nécessiterait une gaine isolante très élaborée qui n’existe pas à l’heure actuelle. Il faudrait trouver un fournisseur qui le créerait de toute pièce avec une technologie inédite.

Expert

Les conclusions d’Hydro-Québec viennent appuyer celles d’un spécialiste des matériaux isolants et des câbles électriques souterrains consulté par Le Journal en novembre. Éric David affirmait que l’entreprise était possible, mais onéreuse.

À l’Île d’Orléans, le préfet Harold Noël n’est pas réellement surpris ni déçu. « On n’a jamais vraiment cru à ça. On ne les voit plus, les pylônes de toute façon. » Il a rappelé que la priorité à l’Île, c’est la construction du nouveau pont avec la Rive-Nord.

Harold Noël attend les scénarios proposés pour le troisième lien « impatiemment ». « La MRC de l’Île va s’y pencher et se prononcer. »

Un exemple d’enfouissement dispendieux

Ligne de transport Manicouagan-Lévis

  • 735 000 volts
  • Un peu moins de 10 km à enfouir
  • Coût d’un peu plus de 1 milliard $