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«Histoire de jouets 4»: le fabuleux destin de François Bellefeuille

«Histoire de jouets 4»: le fabuleux destin de François Bellefeuille
Photo courtoisie

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C’est lorsqu’il exerçait en tant que vétérinaire que François Bellefeuille a découvert le tout premier «Histoire de jouets» au grand écran. Vingt-quatre ans plus tard, après avoir changé de vie, l’humoriste a le plaisir de doubler le tout nouveau personnage de Fourchette dans Histoire de jouets 4, excellent film d’animation des studios Disney et Pixar.

«Je trouve que tout se rejoint, c’est magnifique! Mon histoire rejoint Histoire de jouets 4. Il y a un message sur le fait de suivre sa voix intérieure, qu’on a le droit de changer et qu’il faut faire confiance à ce que l’on ressent et c’est exactement ce qui m’est arrivé en médecine vétérinaire», dit-il lors d’une entrevue dans un hôtel montréalais, à quelques jours de la sortie de ce quatrième volet des aventures de Woody, Buzz et leurs amis.

«À un moment donné, je me suis demandé ce que je faisais là. Je gagnais bien ma vie, tous mes amis étaient vétérinaires. Je me suis dit: “Il me semble qu’il me manque quelque chose. C’est quoi ma passion? L’humour? Est-ce que c’est possible?” Ça ne me paraissait pas possible. On dirait que le destin était placé pour que je fasse la voix de Fourchette! On a le droit de trouver le message qu’on veut!», ajoute celui qui a alors décidé d’intégrer l’École nationale de l’humour avec le succès que l’on connaît.

 

François Bellefeuille
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean
François Bellefeuille

Écrit dans les étoiles...

François Bellefeuille a vu tous les films Histoire de jouets précédents et a pleinement adhéré à l’univers merveilleux créé par John Lasseter en 1995.

«J’ai pleuré à la fin du troisième! Je le trouve magnifique! J’avais peur que le quatrième soit le film de trop. Et quand je l’ai vu, dans une petite pièce, en noir et blanc, avec une ligne rouge en plein milieu, j’ai quand même embarqué dedans. J’ai tout de suite su que c’était un excellent film. Ce n’est pas le film de trop, il va ailleurs. Les nouveaux personnages amènent un vent nouveau.»

Dans ce nouveau long métrage, la petite Bonnie et ses parents partent en vacances. Or, Fourchette, un jouet qu’elle a confectionné lors de sa première journée de maternelle, ne comprend pas son utilité et décide de quitter la famille. Woody se lance alors à sa poursuite avec l’intention de le ramener dans le droit chemin afin qu’il fasse le bonheur de Bonnie.

«C’est fou comment Woody passe à travers cette espèce de crise. Il répète la même chose dans les trois premiers films et là, il est en train de passer à une autre étape de sa vie... On est en train de parler de l’étape de la vie de Woody, qui est un cowboy jouet. C’est quand même incroyable! C’est tellement bien fait! J’embarque à fond dans ce type d’histoire.»

«Fourchette est tellement charmant, poursuit-il. Je le trouve très drôle, il est dans la même lignée que Buzz. Fourchette est imprévisible. Il ne veut pas être un jouet et arrive à être charmant dans sa manière d’être négatif. C’est ce qui me rejoint. Il est énergique, il est très naïf. C’est un très beau personnage. Son potentiel comique est magnifique.»

«Physiquement, il est très drôle. C’est fou d’être capable de faire quelque chose d’aussi attachant avec une fourchette/cuillère. Ce qui est beau dans Fourchette, c’est sa simplicité. Ce sont deux bâtons de bois avec des cure-pipes. On a le goût de le prendre dans nos bras même si ça semble être la chose la moins confortable à serrer.»

«Dans la vie, j’essaye de m’émerveiller comme lui. Mais avec mon personnage de scène, c’est surtout son côté très naïf. Je suis aussi beaucoup dans les émotions extrêmes qui viennent rapidement. Au niveau de l’énergie, je trouve qu’on se ressemble beaucoup, sauf le côté colérique», répond-il lorsqu’on lui demande les traits qu’il a en commun avec Fourchette.

Nom de code: «Thunderbird»

C’est entourée d’une aura de secret que la proposition des studios Disney est arrivée sur le bureau de François Bellefeuille.

«Je ne savais pas que c’était pour Histoire de jouets 4! On m’a approché en me disant qu’on avait pensé à moi pour un projet de grande envergure, pour faire une voix dans un film d’animation. Je suis allé à l’audition... en fait, je ne pensais pas que j’étais le seul à la passer», se souvient-il.

«Le projet s’appelait “Thunderbird”. Je n’en suis pas revenu quand j’ai su que c’était pour Histoire de jouets 4! Je m’étais fait plein de scénarios dans ma tête parce que j’étais allé voir ce qui s’en venait cet été, et là, c’était le plus beau scénario qui pouvait m’arriver. Ils m’ont expliqué le personnage de Fourchette en me disant qu’il était parfait pour moi!»

«Je n’avais jamais fait de doublage! Je voulais absolument avoir le rôle, donc je me donnais à 100%. Après l’audition – qui a été l’équivalent de mettre ma voix sur environ trois minutes du film –, j’ai demandé combien nous étions à la passer et ils m’ont dit que j’étais le seul! C’est la première fois que ça m’arrive d’être choisi. Et par Disney, c’est féerique! On dirait que je suis une princesse!»

Toute plaisanterie mise à part, le doublage d’un long métrage demeure un exercice technique, rigoureux et sérieux.

«J’ai appris à faire ce métier en le faisant. J’ai été très bien entouré, j’ai eu une journée de tests. J’ai senti que j’avais tout le temps que je voulais», explique celui qui a passé «six matinées» à doubler Fourchette.

«J’ai vécu ça comme un sportif aux Olympiques. Je me couchais à 10h le soir pour être en forme, je faisais attention à ma voix, je n’avais pas mis de spectacles cette semaine-là et j’avais peur d’attraper la grippe. C’est quelque chose de doubler un personnage d’Histoire de jouets! Ça m’a mis du stress! Quand j’étais dans le moment, je voulais tellement bien faire que j’avais l’impression que ce n’était jamais assez bon.»

Maintenant que le stress du doublage est passé, c’est une autre angoisse qui attend François Bellefeuille, papa du petit Milo, 5 ans, et d’une petite Dali, 2 ans, «un peu jeune» pour apprécier le film d’animation.

«C’est la première fois que je fais quelque chose que mon fils va vraiment pouvoir comprendre. Je suis en train de l’amadouer. Je lui ai acheté quatre jouets: Woody, Buzz, Jessie et Fourchette. Celui qu’il délaisse le plus en ce moment est Fourchette! Je lui ai montré les trois premiers films et Fourchette n’y est pas.»

«Je lui ai bien expliqué que Papa faisait la voix de Fourchette. Il le sait, il le dit, mais je ne pense pas qu’il comprenne. Il ne comprend pas vraiment mon métier. Je crois que pour lui, tous les parents font des spectacles! C’est la première fois que je vis cela et je ne sais pas du tout comment il va réagir.»

Histoire de jouets 4 ravit tous les publics depuis le 20 juin.