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Iran: À un cheveu d’Allah

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AFP

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Nous sommes passés à un cheveu d’une guerre en Iran. Une guerre qui pourrait être une guerre nucléaire s’il n’en tenait qu’à Donald Trump. Le président américain a en effet annoncé que l’Iran serait «oblitéré» en cas de guerre contre les États-Unis. C’est la deuxième fois en quelques jours qu’il évoque l’anéantissement de l’Iran. 

Trump a aussi expliqué qu’il avait rappelé son armée alors que celle-ci était sur le point de frapper quelques cibles en Iran avec des missiles. Il l’a fait parce que les frappes américaines auraient tué 150 personnes, ce qui lui semblait disproportionné étant donné la valeur du drone que les Iraniens ont abattu. 

Le monde est-il passé à un cheveu d’une guerre contre l’Iran? Peut-être. Les dangers d’escalade sont extrêmes dans cette région du monde. 

Trump est illogique 

Mais la raison qu’a donnée Trump pour annuler la frappe contre l’Iran n’est pas rassurante. Plutôt que de fonder sa décision sur le risque d’escalade, il a parlé du nombre trop élevé de morts causés par une frappe américaine. Cette justification ne tient pas la route. Comment un dirigeant censé peut-il à la fois reculer devant la possibilité de faire mourir 150 personnes et en même temps menacer un pays de 83 millions d’habitants de guerre nucléaire? C’est illogique. 

Des dirigeants religieux fanatiques 

La situation ne paraît pas plus reluisante du côté des Iraniens. Le régime théocratique essaie de persuader la population qu’il accomplit la volonté d’Allah. Quand des dirigeants d’un État s’imaginent avec fanatisme qu’un dieu est de leur côté, ils peuvent faire courir à leur pays les plus grands dangers. Ils peuvent risquer une guerre plutôt que de réfléchir logiquement aux conséquences d’une guerre potentiellement nucléaire. 

Eux aussi passent à un cheveu d’une guerre. Un cheveu d’Allah. 

Les dirigeants iraniens sont-ils vraiment convaincus des âneries qu’ils font croire à leur population sur Allah? Il est possible que non. Ce ne serait pas la première fois que des dirigeants religieux savent que les histoires qu’ils professent sont de pures inventions. Mais il est raisonnable d’estimer qu’une partie des dirigeants iraniens est composée de fanatiques religieux.  

Des fanatiques religieux aux États-Unis aussi 

Un président américain à la logique vacillante qui lutte contre des dirigeants iraniens qui sont des fanatiques religieux. Voilà qui augmente beaucoup les risques de guerre. Sans compter que l'entourage de Trump est aussi composé en partie de fanatiques religieux, comme c'est le cas du vice-président américain, Mike Pence. 

Mais qui sait? Les cheveux d’Allah sont peut-être d’un diamètre infini.