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Nous avons besoin de vous pour notre enquête

Routes en déroute - lecteur
Photo courtoisie Ici, un lecteur nous a fait parvenir une photo éloquente de son pneu qui s’est désintégré le 15 juin sur l’autoroute Métropolitaine est, à Montréal, près de la sortie Iberville.

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Nous avons reçu cette semaine de nombreuses informations et photographies très pertinentes de nos lecteurs pour alimenter notre vaste enquête sur l’état pitoyable des routes du Québec.

Nous vous en remercions et vous invitons à continuer de penser à nous (et à vous par conséquent) durant l’été, alors que vous sillonnerez les routes du Québec pour les vacances. Faites-nous parvenir vos photos et infos à routesenderoute@quebecormedia.com.

Quand on se compare... on se désole

Entre-temps, notre enquête continue. Vous pourrez lire d’autres reportages durant tout ce long week-end de la fête nationale.

Aujourd’hui et au cours des prochains jours, nous essaierons de comprendre pourquoi les routes sont plus belles chez nos voisins, qui sont pourtant affectés par les mêmes conditions météorologiques. Ce sera un moins grand mystère à la lecture de ces reportages.

Plus nous avançons dans cette enquête, plus l’origine du problème se dessine. Les solutions aussi.

C’est normal de chercher une seule bonne solution à un gros problème. Mais si c’était aussi facile, la situation serait réglée depuis longtemps. Il y a plusieurs causes et probablement plusieurs solutions à « nos routes en déroute ».

Voici trois causes que nous avons exposées cette semaine et qui en disent long :

■ Les routes « déficientes » du Québec ont été construites sur des sols gorgés d’argiles sensibles qui contaminent et pourrissent leurs fondations. Il existe des solutions à ce problème connu, mais Québec et les municipalités sont incapables de payer la facture

■ Le Québec est trop pauvre pour entretenir toutes les routes dont il s’est doté. Avec seulement huit millions d’habitants, le gouvernement doit gérer un réseau de plus de 30 000 km, l’un des plus vastes d’Amérique du Nord. 

« Ça fait moins de 270 personnes par kilomètre, nous a dit le principal expert des chaussées au ministère des Transports, Guy Bergeron. Si vous faites le même calcul pour l’Ontario, ils ont 21 000 km de routes et ils sont 15 millions [de citoyens]. Ça, ça veut dire qu’ils sont plus de 700 par kilomètre... Ça change la donne ! J’ai travaillé en Europe et ils ont environ 4000 personnes par kilomètre... » 

Ce qui a fait dire au chroniqueur Mario Dumont : « Nous avons des routes de pauvres... parce que nous sommes pauvres. » Ouch. 

■ La solution passe nécesrement par l’argent. Nos routes ont besoin d’une injection de 16 milliards $ juste en entretien, a-t-on découvert.

Notre chroniqueur Joseph Facal a très bien résumé la situation : « Nous sommes collectivement piégés, écrivait-il. Pendant qu’on fait passer les premières [routes] de minables à médiocres, on laisse les secondes passer de correctes à médiocres. »

Nous aurons invariablement des choix de société à faire, écrit aujourd’hui Claude Villeneuve. Par exemple, faut-il investir 6 milliards $ dans le controversé « troisième lien de Québec » ou mettre tout cet argent pour améliorer nos routes existantes ?

À suivre.

Dany Doucet
Rédacteur en chef