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«On peut embarquer tout le monde dans notre party»

Quebec
Photo d’archives, Stevens Leblanc Pierre Lapointe et Ariane Moffat animeront la fête nationale sur les plaines d’Abraham.

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QUÉBEC | Avec une rappeuse d’origine sénégalaise en première partie et, dans le segment à la télé, le rappeur de l’heure au Québec, des jeunes vedettes en éclosion et des vétérans aguerris, le traditionnel spectacle de la fête nationale sur les plaines d’Abraham édition 2019 autorise ses organisateurs et animateurs à déployer une série d’épithètes en vogue au Québec pour le décrire : ouverture, diversité, inclusion.

Pendant que la nouvelle loi sur la ­laïcité divise, les artistes de la fête ­nationale souhaitent renvoyer l’image d’un Québec ouvert sur tous les styles, toutes les générations et toutes les origines ethniques, signale Ariane Moffatt, qui animera la soirée avec son grand ami Pierre Lapointe.

« Enfin, nous avons un spectacle à l’image de la société qu’on veut être. Il faut plus de diversité dans toutes nos célébrations et je pense qu’on relève le défi cette année », dit-elle.

« Il faut démontrer ce qu’est le Québec d’aujourd’hui, insiste le metteur en scène Jean-François Blais. Je pense qu’on peut embarquer tout le monde dans notre party. »

La diversité dont ils se réclament passe notamment par la visibilité offerte au rap québécois, inédite dans le cadre du spectacle de la Saint-Jean sur les Plaines.

En début de soirée, on donnera l’occasion­­­ à Sarahmée de faire découvrir sa musique, puis Loud, qui vient de se taper le Centre Bell deux fois d’affilée, sera l’un des acteurs principaux du ­spectacle principal.

« Le rap est un mouvement qui n’est plus dans la marge. Il faut être réceptif à ça », soumet Jean-François Blais.

Spectacle renouvelé à 99 %

Le reste de l’alignement couvre tous les âges : Cœur de pirate, Yann Perreau, Alex Nevsky, Marc Dupré, Brigitte Boisjoli, Damien Robitaille, Debbie Lynch-White, France D’Amour, Ludovick Bourgeois, Martine St-Clair, PY Lord, Geneviève Jodoin, Le Vent du Nord et Serge Fiori.

À sa quatrième fête nationale à titre de metteur en scène, Jean-François Blais promet un répertoire musical renouvelé à 99 %.

« Je fais toujours attention de ne pas me répéter d’une année à l’autre », dit-il en révélant au passage que la portion « tounes de feu de camp » du spectacle sera consacrée aux chansons de Passe-Partout, à la suggestion notamment de Pierre Lapointe.

L’anglais : non merci !

Diversité ou pas, s’il est une chose qui ne change pas à la fête nationale sur les plaines d’Abraham, c’est la langue de la musique. Tout sera en français. Pas question d’y inclure des chansons en anglais, dit Jean-François Blais.

« Je suis un peu frileux par rapport à ça parce que je pense qu’une fois par année, il faut célébrer le français », tranche-t-il.

« Il est de plus en plus difficile d’intéresser la nouvelle génération à la musique francophone, alors il faut prêcher par l’exemple. Il faut qu’elle soit fière de nos chansons. »

D’ailleurs, la présence du franco-­ontarien Damien Robitaille fournira ­l’occasion de rappeler le combat des francophones de la province voisine pour préserver des services dans la langue de Molière après les coupes ordonnées par le gouvernement de Doug Ford.

Signataire avec Serge Fiori, PY Lord et Debbie Lynch-White d’un discours patriotique qui sera livré à quatre voix et en quatre parties, Robitaille racon­tera son parcours depuis qu’il est arrivé au Québec et insistera sur l’importance de protéger le français dans toutes les provinces.

« Quand j’ai vu les francophones de l’Ontario se tenir debout et les francophones québécois leur prêter main-forte, je trouvais important de leur donner un coup de chapeau et de mentionner l’importance de se soutenir et de protéger notre langue », affirme Jean-Français Blais.


► À Québec, le spectacle de la fête nationale aura lieu demain le 23 juin et débutera à 19 h 30 pour se terminer vers 23 h.