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Pas de vacances pour Dave Robicheaux!

James Lee Burke
Photo courtoisie, Frank Veronsky James Lee Burke

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Les fans de la série Dave Robicheaux seront sûrement ravis de pouvoir partir en vacances avec ce tout nouvel opus. De notre côté, on a surtout été ravi de parler à son créateur, l’écrivain américain James Lee Burke.

En principe, on aurait dû parler à James Lee Burke aux environs de 9 h 30. Mais l’entrevue a été décalée d’une grosse heure... parce qu’il tenait d’abord à nourrir ses chevaux ! Bienvenue au Montana, où l’écrivain habite depuis de très nombreuses années. « Nous nous sommes joints au Horse Rescue Program, qui permet aux chevaux maltraités d’être sauvés et aimés, explique-t-il au téléphone. Nous vivons dans un endroit magnifique, où il y a aussi des ours, des loups, des lions des montagnes, des élans... » Et c’est dans cet endroit magnifique qu’à 80 ans passés, James Lee Burke continue d’écrire.

Tel qu’il le dit lui-même, son parcours a été assez particulier. « J’ai eu beaucoup de succès quand j’étais jeune [notamment avec La moitié du paradis ou Vers une aube radieuse], et après, plus rien, précise-t-il. J’ai chez moi je ne sais combien de romans et de nouvelles qui n’ont pas été publiés ! Mais un jour, un ami m’a suggéré d’écrire des romans policiers, et je me suis dit pourquoi pas. J’ai donc utilisé des éléments de mes livres non publiés pour commencer la rédaction de Légitime Défense, qui allait devenir le premier volet de la série Dave Robicheaux. Ça a changé ma vie. »

<b><i>Robicheaux</i></b><br />
James Lee Burke<br />
Aux Éditions Rivages, 512 pages.
Photo courtoisie
Robicheaux
James Lee Burke
Aux Éditions Rivages, 512 pages.

La série en est aujourd’hui à son 21e tome, Robicheaux venant tout juste de sortir en librairie. « C’est mon éditeur qui a eu l’idée de donner ce titre au roman, parce que le nom de mon héros récurrent est presque devenu une marque, ajoute James Lee Burke. Je suis très fier de cette série qui, à mes yeux, est beaucoup plus proche de la littérature classique que du polar, les procédures policières pouvant être très ennuyeuses à écrire [et à lire !]. L’ironie, c’est qu’au fil des ans, j’ai reçu des milliers de lettres d’officiers de police et jamais ils ne m’ont dit que quelque chose ne fonctionnait pas. »

Réaction en chaîne

Après avoir longtemps été shérif adjoint à New Iberia, en Louisiane, Dave Robicheaux est désormais inspecteur en semi-retraite. Eh oui, tout le monde vieillit ! Mais si l’âge ne semble pas trop l’affecter, les choses auraient quand même pu aller beaucoup mieux pour lui si sa femme Molly n’avait pas été tuée deux ans plus tôt par un chauffard. Ou si un mafieux du coin ne s’était pas mis en tête de devenir producteur de films.

Le rapport ? Pour convaincre l’éminent écrivain louisianais Levon Broussard d’adapter l’un de ses romans au grand écran, le mafieux précédemment cité décidera de lui offrir une épée datant de la Guerre civile qui aurait appartenu à son arrière-grand-père. Et à partir de là, la situation dégénèrera à la vitesse grand V. Parce qu’un puissant homme d’affaires parviendra à s’emparer de l’épée afin de pouvoir lui-même approcher Levon Broussard, parce que Dave Robicheaux se remettra à boire au point d’en avoir des black-out, parce qu’un drôle de type se baladant avec plein d’armes débarquera en ville, parce que l’homme qui a tué Molly sera retrouvé tabassé à mort et parce que Dave ne tardera pas à devenir le principal suspect de cette nouvelle affaire d’homicide.

Trump-qui-peut

« J’ai commencé à écrire Robicheaux avant que Donald Trump ne soit élu, souligne James Lee Burke. On a beau être au 21e siècle, rien n’a vraiment changé depuis l’époque de la Guerre civile, et c’est quelque chose que j’ai voulu montrer. On pensait que cette guerre était derrière nous, mais non. Elle se manifeste toujours de différentes manières et avec l’arrivée de Trump au pouvoir, c’est encore plus flagrant. Présentement, 45 % des Américains soutiennent les décisions de Trump, dont l’idéologie frôle pourtant le fascisme. C’est en tout cas ce que je crois. Sous Bush, il y a eu un embryon de dictature. Mais avec Trump, c’est autre chose : il recrée la suprématie blanche, encourage la xénophobie, exacerbe tous les problèmes qu’on a et provoque des montées de racisme. Il ressuscite le nationalisme dans le monde entier et pour nous monter les uns contre les autres, il fait un merveilleux travail... »

Dans Robicheaux, rien n’est cependant tout noir ou tout blanc. À l’instar de son vieux héros, on se demandera d’ailleurs d’un bout à l’autre qui croire ou quoi croire. James Lee Burke, qui a déjà écrit la suite de l’histoire – parue en anglais sous le titre de The New Iberia Blues –, nous promet quelques surprises.

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