/opinion/blogs/columnists
Navigation

Quand la fierté est attaquée

Coup d'oeil sur cet article

En ce mois de juin, mois international de la fierté gaie, j’ai une question pour Manon et Sylvain, couple fictif, parents de quatre enfants : si l’un d’entre eux était homosexuel, auriez-vous un malaise ?

Soyez honnêtes, il se peut que de voir votre fils de 17 ans « frencher » son nouveau chum entre deux boulettes à Noël vous rende mal à l’aise. Il se peut aussi que vous éprouviez le même malaise face à votre fille qui vous annonce ses fiançailles avec sa blonde.

J’ai été élevée en me faisant dire que tout le monde était bi. Quand j’étais bébé et qu’on disait à ma mère : « Elle va en faire pleurer des cœurs de petits gars », ma mère rajoutait toujours : « Ou de petites filles »...

Attaques homophobes

Le mois dernier à Londres, deux jeunes lesbiennes ont été défigurées par un groupe d’hommes. Plus près d’ici, à Longueuil, mon ami gai s’est fait lancer des bouteilles d’eau gelée et ma meilleure amie Camille et sa copine ont reçu une pluie d’insultes lesbophobes dans le métro de Montréal parce qu’elles s’embrassaient. Des exemples comme ça, je pourrais vous en donner à la tonne.

Il n’est pas acceptable d’abuser de son pouvoir hétérosexuel pour mépriser et humilier les homosexuels en les attaquant, verbalement, en les forçant à s’embrasser publiquement pour les ridiculiser, en les battant au point de laisser des séquelles permanentes.

Les attaques homophobes ne sont pas encore chose du passé. Tout le monde doit contribuer à ce qu’elles cessent.

Le jour où, au lieu de demander : « Pis ta fille a-t-elle un chum ? » ou « Ton gars a-t-il une blonde ? », il ira plutôt de soi d’utiliser ces mots : « Ta fille est-elle en amour ? », nous pourrons affirmer que nous vivons dans une société où un cœur qui bat n’a plus à se battre pour aimer. Je suis certaine que vous êtes d’accord avec ça, Sylvain et Manon.