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La Saint-Jean 365 jours par année pour ce patriote

Il détient plus de 5000 articles liés au mouvement indépendantiste

Saint-Jean 2019
Photo Simon Dessureault Victor Charbonneau avec une partie de sa collection d’épinglettes à l’effigie d’une fleur de lys.

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Un militant indépendantiste de 66 ans qui possède plus de 5000 objets patriotiques et ­nationalistes a arrêté de les compter il y a cinq ans, tellement sa collection est colossale. 

Surnommé Victor Patriote et considéré comme un nationaliste de grande envergure par la Société Saint-Jean-Baptiste, Victor Charbonneau collectionne les objets à saveur nationaliste québécoise, dont des centaines d’épinglettes à l’effigie d’une fleur de lys, depuis 1985. 

La Société Saint-Jean-Baptiste Richelieu Yamaska expose d’ailleurs 200 de ses articles. 

Les objets aux couleurs du fleurdelisé, tels de la coutellerie, de la vaisselle, des porte-rouleaux de papier de toilette, des serviettes, des tasses, des casquettes, des chandails, des drapeaux et des affiches antifédéralistes sont présents dans tous les racoins de son quatre et demi de Montréal-Nord. 

«Il y en a plein dans mon camion également. J’ai arrêté de les compter», a mentionné l’homme affable qui répond «patriote un jour, patriote toujours» sur son message de répondeur, entendu alors qu’il a fait visiter son petit «musée patriotique» au Journal. «C’est important de se souvenir qu’il y en a eu d’autres avant nous qui ont fait des combats.» 

Victor Patriote s’intéresse à «la libération du Québec» depuis qu’il a 18 ans, et c’est en quelque sorte pour contribuer à la souveraineté du Québec qu’il a commencé son immense collection. 

Il porte son t-shirt favori, où l’on voit le visage de son idole, le réalisateur souverainiste Pierre Falardeau.
Photo Simon Dessureault
Il porte son t-shirt favori, où l’on voit le visage de son idole, le réalisateur souverainiste Pierre Falardeau.

Vigiles patriotes 

L’homme qui a occupé différents emplois, dont vendeur d’encyclopédies, a également organisé des vigiles patriotes à Montréal, de 1998 à 2015. 

«Je me demandais pourquoi on n’a pas d’événements patriotes 12 mois par année. Il y avait des fois 200 personnes et on avait des pancartes avec le nom des patriotes pendus», se remémore l’homme, qui a également posé des affiches pour René Lévesque dans les années 1960. 

Le défunt cinéaste indépendantiste Pierre Falardeau a d’ailleurs déjà participé à une vigile de Victor Charbonneau, lorsqu’il a lancé son film 1839, qui relate les 24 dernières heures de deux patriotes canadiens condamnés à la pendaison, à la suite de la rébellion en 1837-1838. 

«Il me manque beaucoup», a dit l’homme qui voue une grande admiration au cinéaste nationaliste. 

La souveraineté 

Le passionné du Québec croit encore à la souveraineté de la Belle Province, malgré la baisse de popularité du mouvement depuis le référendum sur l’indépendance de 1995, où le «Non» l’a emporté. «C’est juste une question de temps. L’Écosse a pris 400 ans, nous, on va en prendre moins, jure-t-il. Le pays est là, il nous attend, tout ce qu’il nous reste à faire est de signer pour être libre.»