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Un été chargé après une session mouvementée

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OTTAWA | Les députés fédéraux ont rangé leurs habits-cravates en cette fin de session parlementaire. Mais c’est pour mieux sortir leurs bottes de travail. Ils auront peu de moments de répit cet été, à quelques semaines du déclenchement de la campagne électorale. Tous les regards seront braqués sur les chefs, qui ont chacun quelque chose à prouver. Voici un bilan des derniers mois sur la scène fédérale, et un aperçu de ceux à venir avant le scrutin.

Une session catastrophique pour Justin Trudeau

Photo AFP

► Justin Trudeau | Parti libéral du Canada

Le chef libéral Justin Trudeau est tombé de très haut en 2019. Il y a six mois à peine, plusieurs observateurs de la scène politique fédérale lui prédisaient à tout le moins un gouvernement minoritaire aux élections d’octobre prochain. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Les conservateurs ont doublé les libéraux depuis l’éclatement de l’affaire SNC-Lavalin, début février. La saignée du Parti libéral dans les intentions de vote s’est poursuivie, laissant ses troupes en pleine déroute. Justin Trudeau a perdu au passage deux ministres influentes, son principal conseiller et le grand patron de la fonction publique canadienne. Le premier ministre a repris un peu confiance dans la dernière semaine. Efficace en campagne électorale, M. Trudeau doit avoir hâte d’en découdre avec ses adversaires.

Mais contrairement à 2015, les chaussettes, égoportraits et autres déclarations grandiloquentes ne suffiront pas pour lui assurer la victoire. Il doit dans les prochains mois consolider sa stature de chef d’État et de gouvernement, ébranlée par l’affaire SNC-Lavalin.

Qui est vraiment Andrew Scheer ?

Photo Jean-François Desgagnés

► Andrew Scheer | Parti conservateur du Canada

En mal de notoriété publique, le chef conservateur, Andrew Scheer, a multiplié les apparitions publiques dans les derniers mois.

Si son nom est maintenant mieux connu de la population en général, beaucoup de Canadiens se demandent toujours qui est vraiment Andrew Scheer et ce qu’il défend. Cela explique peut-être en partie pourquoi la troupe de M. Scheer peine à se détacher des libéraux de Justin Trudeau dans les sondages, malgré un printemps catastrophique pour le gouvernement.

Au Québec, où les conservateurs veulent faire des gains, le parti compte sur des candidats locaux bien implantés dans leur milieu. C’est une stratégie judicieuse dans la mesure où la qualité du français de M. Scheer ne lui permet pas toujours de bien faire passer son message.

Le NPD en pleine déroute

Photo Agence QMI, Boris Proulx

► Jagmeet Singh  |  Nouveau Parti démocratique

Rien ne va plus pour le Nouveau Parti démocratique de Jagmeet Singh, qui doit se méfier plus que jamais des Verts. Selon un sondage publié récemment, le parti d’Elizabeth May a même grimpé au troisième échelon à l’échelle nationale.Pour empirer les choses, Jagmeet Singh s’en va à la guerre sans de nombreux soldats d’expérience. Environ le tiers de son caucus a choisi de tirer sa révérence et de ne pas se représenter aux prochaines élections.

M. Singh, 40 ans, a fait son entrée à la Chambre des communes à la faveur d’élections partielles en février. Sa présence à la période des questions n’a pas permis à son parti de trouver ses marques. Les déboires du NPD ne reposent pas entièrement sur le chef. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau est bien campé à gauche. La montée du Parti vert divise encore plus l’électorat progressiste. Le NPD doit vite réfléchir à une façon de se démarquer.  

Un Bloc québécois en reconstruction

Photo Agence QMI, Simon Clark

► Yves-François Blanchet | Bloc québécois

Le fiasco Martine Ouellet étant derrière lui, le Bloc québécois a passé les derniers mois à panser ses plaies.

Sous la gouverne de son nouveau chef, Yves-François Blanchet, le Bloc est revenu aux sources. C’est-à-dire faire de la « défense des intérêts du Québec » sa priorité, aux dépens d’un militantisme à tous crins de l’indépendance, tel que favorisé par Mme Ouellet.

Le résultat s’est fait sentir positivement dans les sondages. Mais on est loin des belles années du parti prévague orange de 2011. Le Bloc devra encore une fois se battre pour sa survie lors des prochaines élections. M. Blanchet, un ancien ministre péquiste, est reconnu pour sa fougue. De plus, il connaît bien ses dossiers.

Lui et ses troupes auront besoin de toute l’énergie dont ils sont capables pour espérer une renaissance.

Les Verts poussent

Photo Didier Debusschere

► Elizabeth May | Parti vert

Le parti a vécu un moment historique cet hiver avec l’élection d’un deuxième député. Sa chef, Elizabeth May, s’est sans doute sentie moins seule aux Communes, elle qui a assuré la permanence depuis 2011.

Les Verts ont aussi connu une poussée dans les intentions de vote, entre autres au Québec. Ils ont très bien fait lors d’élections partielles à Montréal en février, obtenant 13 % des voix, devant le Bloc québécois et le Parti conservateur.

Maintenant qu’ils représentent une force politique plus importante, le plan des Verts pour diriger le Canada fera l’objet d’un examen plus minutieux. Passera-t-il le test de la crédibilité ?

Mad Max

Photo Agence QMI, Matthew Usherwood

► Maxime Bernier | Parti populaire

Avec ses candidats hauts en couleur et ses positions tranchées, Maxime Bernier a attiré sur lui l’attention pour les mauvaises raisons plus souvent qu’à son tour durant la dernière session parlementaire.

Depuis qu’il a fondé son parti, en septembre 2018, le Beauceron flirte avec les franges les plus radicales de la société. Le Parti populaire présentera l’automne prochain des candidats adeptes des théories du complot. Mad Max a aussi récemment remis en question le droit à l’avortement.

M. Bernier semble être prêt à tout pour faire parler lui, alors que son parti arrive bon dernier dans les intentions de vote, y compris au Québec.