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Un chef de la mafia italienne s’évade d’une prison uruguayenne

Un chef de la mafia italienne s’évade d’une prison uruguayenne
AFP

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MONTEVIDEO | Le mafieux italien Rocco Morabito, l’un des dix criminels les plus recherchés au monde, s’est évadé dans la nuit de dimanche à lundi d’une prison uruguayenne où il était incarcéré depuis 2017 dans l’attente de son extradition vers l’Italie.

Détenues dans un centre pénitentiaire situé au centre-ville de Montevideo, «quatre personnes se sont échappées par les toits du bâtiment au moyen d’un trou», a annoncé le ministère uruguayen de l’Intérieur dans un communiqué. 

«Parmi les fugitifs figure l’Italien Rocco Morabito, qui était en attente d’extradition de la part de la justice italienne pour trafic international de drogue», a précisé le ministère. Les autres évadés sont deux hommes recherchés par la justice brésilienne et un troisième par l’Argentine. 

Selon la même source, les fugitifs ont ensuite pénétré dans une «habitation voisine» où ils ont volé de l’argent à la propriétaire, avant de disparaître.

Un chef de la mafia italienne s’évade d’une prison uruguayenne
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Le gouvernement italien a immédiatement réagi à cette évasion: «Il est déconcertant et grave qu’un criminel comme Rocco Morabito, boss de la Ndrangheta, ait réussi à s’évader d’une prison d’Uruguay où il était en attente d’extradition vers l’Italie», a déploré dans un communiqué le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini.

Rocco Morabito était le numéro un dans la liste des mafieux recherchés par les autorités italiennes appartenant à la Ndrangheta, la mafia calabraise. 

«Je prends deux engagements: tout d’abord, faire la pleine lumière sur les modalités de l’évasion, en demandant des explications immédiates au gouvernement de Montevideo. Ensuite, nous continuerons la traque de Morabito, où qu’il soit, pour le jeter en prison comme il le mérite», a ajouté l’homme fort du gouvernement italien.

Rocco Morabito, 52 ans, recherché depuis 1995, avait été arrêté en septembre 2017 dans un hôtel de Montevideo. Il vivait depuis 13 ans en Uruguay, dans la station balnéaire huppée de Punta del Este, à 140 km de la capitale. 

Il avait obtenu en 2004 des papiers uruguayens en présentant un passeport brésilien au nom de Francisco Capeletto.

Condamné par contumace par la justice italienne à 28 ans de prison, une peine portée par la suite à 30 ans de réclusion, il avait finalement été repéré après avoir inscrit sa fille au collège sous sa réelle identité. 

«Roi de la cocaïne»

L’Italien faisait l’objet d’une notice rouge d’Interpol pour avoir appartenu de 1988 à 1994 à une organisation criminelle dédiée au trafic international de drogues. 

Entre autres délits, il est accusé d’avoir assuré le transport de drogue en Italie, sa vente à Milan, puis d’avoir tenté d’importer depuis le Brésil 592 kilos de cocaïne en 1992 et 630 kilos de cocaïne en 1993.

En 2018, l’Uruguay, où il était poursuivi pour détention de faux papiers et usurpation d’identité, avait approuvé la demande d’extradition de l’Italie. 

En 1994, Rocco Morabito avait échappé à une arrestation à Milan, où il était connu comme le «roi de la cocaïne». Originaire d’Africo, un village calabrais, il était l’un des responsables les plus importants du clan «Africo Nuovo».

En Uruguay, Rocco Morabito menait une vie discrète. Il avait loué une maison à Punta del Este, après s’être consacré pendant quelques années à l’agriculture et à l’élevage dans une propriété des environs.

Avant son arrestation, la station balnéaire uruguayenne, prisée par la jet-set internationale, avait déjà défrayé la chronique. L’ancien maire de Nice aujourd’hui décédé, Jacques Médecin, y avait trouvé refuge, avant d’être interpellé au début des années 1990 puis extradé vers la France où il avait été condamné pour abus de biens sociaux.

En 2016, Gerardo Gonzalez Valencia, un des chefs d’un cartel mexicain spécialisé dans le trafic de drogue, avait été arrêté à Punta del Este, où il menait une existence discrète lui aussi.