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Le ministre ne veut pas que le bac bleu soit délaissé

Malgré la crise du plastique, les Québécois ne recyclent pas pour rien, dit Benoit Charette

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Photo d'archives, Simon Clark Selon Benoit Charette, le problème des centres de tri n’est pas le financement, mais la difficulté à trouver des marchés pour vendre leurs matières recyclables. Il présentera un plan cet automne, mais d’ici là certains centres risquent de fermer leurs portes.

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Alors que le plastique qui s’entasse dans les cours de certains centres de tri pourrait être enfoui, le ministre de l’Environnement veut éviter que les Québécois délaissent le bac bleu.

«Il y a une crise de confiance potentielle et c’est ce qu’on veut éviter», a reconnu le ministre Benoit Charette en réaction au reportage de notre Bureau d’enquête ayant révélé que plusieurs centres de tri sont durement frappés par la chute des prix des matières recyclables.

La Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de Gaspésie menace d’enfouir ses matières, tandis que le centre de Trois-Pistoles se dit «enterré» sous le plastique accumulé, et celui de Mont-Joli opère à perte depuis 22 mois et craint de devoir fermer ses portes.

Depuis que la Chine a considérablement réduit la quantité de déchets de l’étranger qu’elle accepte de traiter, les prix des matières recyclées ont chuté et les centres de tri peinent à écouler le plastique et les fibres, notamment (papier et carton).

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«Le degré d’efficacité est variable d’un centre à l’autre, mais une problématique qui est commune, ce sont les débouchés pour la matière qu’ils collectent», a reconnu le ministre Charette.

Pas avant l’automne

Le gouvernement prévoit une enveloppe de 100 millions $ sur cinq ans pour améliorer la gestion des matières résiduelles, dont 20 millions $ qui serviront à trouver des débouchés pour les matières recyclées, a rappelé le ministre, mardi. Le détail de ce plan sera présenté cet automne.

«On arrivera au cours des prochains mois avec un plan complet, parce qu’on veut éviter que cette crise de confiance fasse en sorte que le citoyen remet en question son geste de déposer dans son bac de récupération son verre ou son plastique», a insisté le ministre.

Il n’envisage pas d’aide d’urgence pour éviter la fermeture du centre de Mont-Joli. «On accuse un retard sur quelques années. Donc, il ne faut pas s’attendre à ce que la solution nous parvienne d’une semaine à l’autre», a-t-il précisé.

Recyc-Québec tente de trouver une solution pour aider le centre de tri de Gaspésie à se débarrasser de ses sacs plastiques qui s’entassent dans sa cour.

«Le sac plastique est juste la pointe de l’iceberg... Il faut prendre des décisions, insiste la directrice de la Régie, Nathalie Drapeau. Si on met une matière sur le marché, si on l’accepte dans le bac bleu, c’est qu’on est capable de la transformer au Québec. Et si on n’est pas capable, on ne la prend plus.»

La poubelle n’est pas la solution

Et la solution n’est pas de jeter les sacs aux poubelles, mais bien de trouver un marché pour la transformation. «Si on enfouit, ça va coûter plus cher», dit Mme Drapeau.

«Il faut continuer à recycler et à bien recycler. Mais notre 5 % de la population qui met toutes sortes de cochonneries dans le bac lui, il faut qu’il arrête parce qu’il scrappe notre matière. Le poulet dans le bac, non», insiste Mme Drapeau.

Le centre de tri, tel qu’annoncé, enverra des fibres contaminées et certains autres plastiques qui n’ont pas de débouchés à l’enfouissement d’ici la fin de la semaine. Des sacs plastiques seront aussi enfouis à moins que Recyc-Québec ne trouve une solution.