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Le révérend Mukendi aurait fait d’autres victimes

Les membres du jury ont été séquestrés sans avoir entendu le témoignage de certaines femmes

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Les 11 jurés au procès pour agressions sexuelles du révérend Paul Mukendi ont été séquestrés selon les directives du juge, sans savoir que d’autres femmes ont aussi affirmé avoir été victimes d’abus sexuels de la part de l’accusé.  

 En ouverture de procès, la Couronne avait présenté, sans succès, une requête de preuve de faits similaires et de conduite indigne dans le but que ces victimes soient aussi entendues devant le jury. Me Sonia Lapointe voulait démontrer que Mukendi n’a pas seulement profité de son ascendant « d’homme de Dieu » pour exploiter et agresser sexuellement la victime au dossier ; elle voulait aussi montrer que d’autres femmes de son église ont été victimes de ce dernier.  

 Au terme du témoignage de ces femmes, dans le cadre d’un voir-dire, le juge Jean-François Émond a tranché que cette preuve ne devait pas être présentée aux membres du jury. C’est pour cette raison que Paul Mukendi est accusé de neuf chefs d’agressions sexuelles, de voies de fait avec lésion et de menace de mort sur une seule victime.  

 La plaignante aujourd’hui âgée de 31 ans dit avoir été victime du pasteur pendant 14 ans, entre 2002 et 2016. Sa mère l’aurait « offerte en offrande » au pasteur, qui a eu plusieurs relations sexuelles avec elle. À l’inverse, la défense affirme que la victime est « motivée par l’argent » et qu’elle a tout inventé de « A à Z ».  

Exploitation sexuelle  

 Parmi les femmes qui disent avoir été sous le joug de l’accusé, une employée de l’église Parole de Vie a affirmé avoir eu plusieurs relations sexuelles avec le révérend, ce qui a même mené à un avortement en 2005. Une fois la seconde femme de Mukendi arrivée au pays, l’employée a été rejetée par l’accusé et a quitté l’église.  

 Une amie de la victime est aussi venue raconter que le pasteur partait avec différentes filles, dont la victime, vers sa chambre à coucher ou son bureau, d’où elles ressortaient « décoiffées ».  

 Or, en vertu de la décision du juge, c’est seulement en entendant un témoignage, celui de la plaignante de 31 ans, que le jury devra prendre une décision sur chacun des neuf chefs d’accusation. Le groupe qui était de 14 membres au début du procès est maintenant réduit à onze, puisqu’une femme s’est déclarée malade mardi matin et a été libérée de son devoir de citoyenne.  

 Chronologie  

♦ Arrivée au Canada de Paul Mukendi : 2003  

♦ Période des agressions présumées : Entre 2002 et 2016  

♦ Mars 2016 : La plaignante porte plainte et quitte l’église Parole de Vie  

♦ Mandat d’arrestation contre le révérend : 29 septembre 2017  

♦ Début du procès : 3 juin 2018  

♦ Séquestration du jury : 25 juin 2019