/entertainment/tv
Navigation

Une série pour ados cotée 16 ans et plus

Euphoria, bientôt en français, est beaucoup plus qu’une simple série à scandales

Le jeu des acteurs fait partie des grandes forces d’Euphoria. Les comédiennes Hunter Schafer et Zendaya s’illustrent particulièrement au cours des premiers épisodes de cette série captivante pour ados, qui aborde crument des réalités d’aujourd’hui.
Photo courtoisie, HBO Le jeu des acteurs fait partie des grandes forces d’Euphoria. Les comédiennes Hunter Schafer et Zendaya s’illustrent particulièrement au cours des premiers épisodes de cette série captivante pour ados, qui aborde crument des réalités d’aujourd’hui.

Coup d'oeil sur cet article

Dans moins de deux semaines, Super Écran commencera à diffuser Euphoria, une série pour ados qui affole les parents aux États-Unis en raison du nombre effarant de scènes pour adultes qu’elle contient. Au Québec, cette production de HBO sera réservée aux personnes de 16 ans et plus.

On comprend vite pourquoi Euphoria, atterrie en ondes au début du mois chez nos voisins du Sud, suscite la polémique. À grands coups de séquences-chocs, la série trace un portrait fascinant — mais peu reluisant — des jeunes d’aujourd’hui. Après trois épisodes, on est convaincu qu’ils sont tous gelés, accros aux films pornos ou violents. C’est sexe, drogue et (non pour rock n’roll, puisque Drake fait partie des producteurs) rap.

Certes, les raisons de s’offusquer sont nombreuses. Mais au final, c’est trop captivant pour qu’on crie au scandale.

Une histoire humaine

Oui, Euphoria provoque, mais à travers cette orgie de scènes sexuellement explicites (vous arrêterez de compter le nombre de pénis après deux épisodes), se trouve une histoire résolument humaine, celle de Rue (Zendaya), une jeune femme anxieuse de 17 ans qui souffre d’un trouble obsessionnel compulsif, mais également d’un gros problème de consommation. Fraîchement sortie de désintox, elle tisse des liens avec Jules (Hunter Schafer), une nouvelle venue trans qui accumule les relations anonymes sur Tinder. Gravitent autour d’elles des personnages de lycéens stéréotypés, mais néanmoins riches et complexes, comme Fezco, le dealer torturé, Nate, le footballeur « douchebag », Maddy, la garce aux allures de Lolita, Kat, la vierge bien enrobée, etc.

Une ligue à part

Sur papier, cette description pourrait en décourager plusieurs, mais Euphoria est franchement supérieure aux 13 Reasons Why, Sex Education, Elite et autres séries soi-disant « audacieuses » pour adolescents qu’on nous propose depuis quelques années. On parle d’une ligue à part, notamment en raison du jeu des acteurs (en particulier Zendaya, charismatique, émouvante et attachante, dans un rôle difficile à défendre) et des textes de Sam Levinson.

La réalisation imaginative mérite d’être saluée, ne serait-ce que pour cette séquence « anti-gravité » du premier épisode, durant laquelle les murs se transforment en plancher, puis en plafond, pour montrer l’état hallucinogène dans lequel se retrouve l’héroïne au cours d’une fête débridée.

Des messages

Bien entendu, plusieurs adolescents et préadolescents réussiront à mettre la main — et poser leurs yeux — sur Euphoria. Avis aux parents susceptibles de paniquer devant cette possibilité : vos jeunes n’y verront aucun type d’images qu’ils n’ont (probablement) pas déjà croisées sur internet.

Autre facteur réconfortant : la série parvient, contre toute attente, à passer quelques messages bien sentis sur plusieurs sujets chauds, comme le consentement, la masculinité toxique et l’acceptation de soi.

On n’est pas en train de suggérer de montrer les premiers épisodes en classe au secondaire, mais c’est mieux que rien.


► La série Euphoria est diffusée sur HBO et Crave. Super Écran la diffusera en version doublée en français à compter du lundi 8 juillet 21 h.