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Hugo Houle participera au Tour de France

Hugo Houle deviendra le 3e cycliste québécois depuis 2013 à participer à la prestigieuse course française

Au sein de la formation Astana, Hugo Houle aura pour mission d’aider ses coéquipiers Jakob Fuglsang, Pello Bilbao, Magnus Cort, Omar Fraile, Gorka Izagirre, Alexey Lutsenko et Luis Leon Sanchez.
Photo d'archives Au sein de la formation Astana, Hugo Houle aura pour mission d’aider ses coéquipiers Jakob Fuglsang, Pello Bilbao, Magnus Cort, Omar Fraile, Gorka Izagirre, Alexey Lutsenko et Luis Leon Sanchez.

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Après des années d’efforts et de sacrifices, Hugo Houle a obtenu la confirmation qu’il participera enfin à son premier Tour de France dès le 6 juillet prochain.

Il deviendra ainsi le troisième cycliste québécois depuis 2013 à prendre part à la plus grande épreuve au monde. La composition de l’équipe Astana a été dévoilée mercredi.

Après neuf saisons comme cycliste professionnel, le coureur originaire de Sainte-Perpétue attendait ce jour depuis très longtemps. La route fut longue et difficile pour accéder à la Grande Boucle. Et la préparation n’est pas terminée.

Mercredi, l’athlète de 28 ans est allé avec son capitaine Jakob Fuglsang sur le parcours de la 18e étape qui comporte deux célèbres cols, l’Izoard, d’une longueur de 14 km à 7,3% et le Galibier, qui grimpe pendant 23 km à 5,1 %.

Consécration

« Je suis vraiment content de l’annoncer. Ça fait des années que je travaille pour ça. Je le sais depuis quelques semaines, mais il faut toujours rester en santé et rester sur le vélo. Tant que je n’aurai pas mes dossards à Bruxelles, j’évite de me réjouir à 200% ! J’aurais été déçu de finir ma carrière sans avoir l’occasion de faire le Tour de France. Il faut le vivre au moins une fois pour comprendre toute la culture cycliste en France en juillet », a confié l’olympien de Rio.

Pour plusieurs observateurs moins familiers avec le cyclisme sur route, la seule course connue reste le Tour de France et la consécration ne survient qu’à ce moment. « Oui, je l’ai fait », répondra-t-il désormais. L’an dernier, Houle avait été le dernier cycliste retranché par sa formation du Kazakhstan.

Cette fois-ci, Hugo Houle avoue que la sensation est encore plus forte que lors de sa sélection pour les Jeux olympiques de 2016.

« Le feeling est plus fort. Beaucoup plus jeune, je désirais comme tout le monde faire le Tour de France, encore plus que les Jeux. »

Un rôle important

Sur la route, en France, les amateurs commencent déjà à encourager les cyclistes qui seront au grand départ à Bruxelles.

« Déjà les gens dans les villages nous reconnaissent. De notre côté, nous y allons avec l’idée de gagner le classement général. Fuglsang est prêt et il avance comme un avion, mais je vais avoir de grosses responsabilités aussi. Ça fait deux mois que je suis avec lui en permanence. C’est sûr qu’il y a un peu de stress. Je dois rester concentré et je sais que je suis au meilleur de mes capacités. »

L’équipe Astana a choisi de solides rouleurs et de bons grimpeurs puisque sur les huit cyclistes, seul Hugo Houle n’a jamais remporté une étape d’un grand tour.

Un équipier modèle qui va protéger son leader

Hugo Houle s’en va au Tour de France avec la mission bien précise de protéger son leader.

Dans ce rôle d’équipier parfois ingrat, le Québécois s’est bâti une solide réputation depuis quelques années.

Son travail est essentiel à la réussite d’un champion qui prétend à la victoire, mais la tâche à accomplir sur la route est parfois méconnue du grand public.

Récemment, au Critérium du Dauphiné, il a réalisé un boulot exemplaire à travers toutes les difficultés du parcours pour assurer la victoire de Jakob Fuglsang.

« Il faut surveiller les aspects techniques et tactiques. Il faut le garder en sécurité. C’est plus stressant de courir en prenant soin de quelqu’un d’autre. Lorsqu’il est dans ma roue, il faut que je m’assure de passer au bon endroit. À notre niveau, on a des comptes à rendre», explique Houle.

Historiquement, en cyclisme, ce rôle est souvent récompensé par une journée magique où le coureur obtient enfin sa chance d’aller glaner une place d’honneur.

Un travail apprécié

À Québec, Louis Garneau est également fier de voir un troisième cycliste de son écurie réussir à atteindre le Tour de France après David Veilleux et Antoine Duchesne.

« Hugo a travaillé tellement fort. C’est sa persévérance qui m’impressionne. Il a réussi à comprendre comment ça fonctionne chez les pros. Ça ne prend pas dix meneurs dans une équipe. Il joue bien son rôle d’équipier. Il a gagné sa place parce qu’il est un gars d’équipe, humble et modeste. Ils peuvent se fier à lui pour carrément donner sa course au leader. Tout le monde l’aime. Il n’a jamais abandonné et il le mérite pleinement. On va fêter ça en le regardant pendant trois semaines ! » a résumé l’homme d’affaires.

Comme il le fait depuis plusieurs années déjà, Hugo portera au Tour de France une croix à la mémoire de son frère, disparu trop jeune.

Pierrik Houle, 19 ans, a été heurté à mort le 21 décembre 2012 lorsqu’il faisait du jogging dans les rues de la petite municipalité de Sainte-Perpétue. « Évidemment que je pense à lui », termine l’athlète, aussi détenteur d'un diplôme en techniques policières.