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Une classe de quatrième année se paye un vélo-pupitre

Une mobilisation contre le plastique porte ses fruits, en dépit de l’inondation

Quebec
Photo Stevens Leblanc Les élèves de la classe de Mélanie Vigneault peuvent maintenant pédaler à tour de rôle grâce à ce nouveau vélo-pupitre.

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En Beauce, des élèves de l’école l’Accueil, à Scott, laquelle a été inondée il y a quelques semaines, ont pu finir l’année en beauté. Leur mobilisation contre la pollution par le plastique leur a permis de doter leur classe d’un vélo-pupitre.

Jusqu’à six pieds d’eau se sont accumulés dans le sous-sol de cette école, fin avril. L’établissement a été fermé pendant une dizaine de jours, le temps que l’eau et l’humidité se retirent.

Les impacts de l’inondation se sont fait sentir jusqu’à la fin de l’année scolaire : deux classes ont été relocalisées à l’hôtel de ville et dans le centre communautaire voisin.

Au quotidien, les élèves et le personnel étaient à l’étroit. Le sous-sol a dû être complètement condamné et le manque d’espace représentait tout un casse-tête dans cette école qui était déjà au maximum de sa capacité avant le sinistre. Les évaluations de la psychologue ont même dû se faire... dans le vestiaire.

À travers le branle-bas de combat des dernières semaines, les élèves de la classe de madame Mélanie, en quatrième année, ont néanmoins reçu une bonne nouvelle à l’approche de la fin de l’année scolaire.

Vélo-pupitre

Leur objectif a été atteint : ils ont fini l’année scolaire en faisant leurs travaux, tout en pédalant sur un vélo-pupitre, au beau milieu de la classe.

À la rentrée, l’enseignante Mélanie Vigneault avait convaincu ses élèves d’embarquer dans un projet entrepreneurial qui leur permettrait peut-être d’obtenir l’argent nécessaire pour acheter ce vélo tout particulier.

«Ç’a été l’élément déclencheur. Je le vois au quotidien, les enfants ont besoin de bouger», lance l’enseignante.

Leur projet s’est transformé en mobilisation contre la pollution par le plastique : les élèves ont fait des dépliants de sensibilisation qu’ils ont distribués aux parents et voisins.

Ils ont vendu des pailles en acier inoxydable. Ils ont même fabriqué des sacs de tissu réutilisables, à glisser dans la boîte à lunch.

Après le dîner, il y a d’ailleurs moins de plastique qui se retrouve à la poubelle, puisque les élèves sont dorénavant nombreux à utiliser des contenants recyclables.

«Je ne pensais pas que le plastique pouvait faire autant de déchets», a affirmé Camille, lors du passage du Journal à l’école, à la mi-juin.

Défi OSEntreprendre

Comme d’autres élèves, la jeune fille a beaucoup appris, grâce à ce projet qui leur a permis de lire et de regarder des vidéos sur la pollution engendrée par tous ces déchets du quotidien.

Leurs efforts ont porté leurs fruits puisque les élèves de la classe de Mme Mélanie ont décroché une bourse au Défi OSEntreprendre, qui récompense l’entrepreneuriat au niveau scolaire.

C’est grâce à ce financement que les élèves ont pu, à tour de rôle, pédaler en classe.

«Ça nous fait bouger, et après, on est plus concentrés», a lancé Jérémy.