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Baseball: improbable, pas impossible

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Photo d'archives Gary Carter

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Voulez-vous le retour du baseball professionnel à Montréal ?

Des gens s’activent intensément pour ce retour. Les autorités du baseball ne ferment plus la porte aussi sèchement qu’avant.

Mais serait-ce viable ? Combien ça coûterait ? Qui paierait ?

Souvenirs

La nostalgie pour les Expos est forte chez ceux, dont j’étais, qui ont connu la grande époque du parc Jarry et des premières années au Stade olympique.

J’entends le son de l’orgue de Fernand Lapierre.

Je revois la piscine du champ droit où Willie Stargell catapultait la balle, après ses inimitables moulinets pendant qu’il attendait « l’offrande », comme disait Jacques Doucet.

Oui, on écoutait le baseball à la radio. Nos jeunes doivent croire qu’on chassait le mammouth pour pouvoir souper.

J’avais une balle autographiée par tous les Reds de Cincinnati de 1975, leur plus grosse équipe. Il n’en manquait pas un. On me l’a volée.

C’était l’époque bénie des longs étés caniculaires.

On flânait dans les rues avec nos amis et nos vélos aux sièges banane, au lieu d’aller, comme aujourd’hui, faire des heures au dépanneur pour se payer des bébelles.

Je revois les partisans lançant des sacs de Doritos à Bryn Smith, dont la femme avait stupidement dit qu’on n’en trouvait pas à Montréal.

Et Tim Raines qui glissait sur le ventre pour ne pas déchirer le sachet de cocaïne dans sa poche arrière ?

Et la fesse d’Ellis Valentine qui refusait de guérir parce qu’il lui aurait fallu se forcer !

Et l’atroce Black Monday !

Mais revenons dans le présent.

Comme le baseball majeur ne veut pas augmenter le nombre d’équipes, il faudrait qu’une franchise déménage.

Le marché montréalais est relativement petit, mais il l’est aussi à Milwaukee, et les Expos ont longtemps attiré des foules intéressantes.

Le stade s’est vidé quand le public a compris que Jeffrey Loria voulait délibérément se faire sortir de Montréal pour obtenir le feu vert au déménagement qu’il avait toujours planifié.

Mais les billets seraient infiniment plus dispendieux aujourd’hui, et voyez les misères des Alouettes.

Ce scénario d’une garde partagée des Rays entre Montréal et Tampa me semble complètement impraticable et tiré par les cheveux.

Arrêtons aussi de dire des niaiseries sur l’effet d’entraînement économique du sport professionnel.

Il n’enrichit que les propriétaires, les joueurs, les télédiffuseurs et une petite poignée de commerçants.

Le dollar que le consommateur y dépense est un dollar qu’il ne mettra pas ailleurs. C’est un simple déplacement.

Le seul effet est une petite vitamine de positivisme psychologique pour la communauté... tant que l’affaire ne tourne pas au vinaigre.

Difficile

Vous imaginez nos élus, avec nos routes en déroute et nos écoles délabrées, justifiant l’engagement d’argent public dans une telle aventure ? Pas moi...

Or, partout, les propriétaires d’équipes font chanter les gouvernements.

Le projet coûterait très au-dessus d’un milliard $ US.

Au Québec, on a vite fait le tour des grosses fortunes locales.

Bref, cela ressemble à devoir remonter une série quatre de sept quand vous tirez de l’arrière par trois parties à une.