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L’UPAC s’intéresse à un juge de Longueuil

Notre Bureau d’enquête avait révélé des irrégularités sur son travail

Jean Herbert
Photo PIerre-Paul Poulin L’ex-juge Jean Herbert

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L’Unité permanente anticorruption (UPAC) est débarquée hier à la cour municipale de Longueuil. L’opération vise l’ex-juge Jean Herbert, qui a fait récemment l’objet d’un reportage de notre Bureau d’enquête après qu’il eut acquitté une amie.

Selon nos informations, une douzaine de policiers de l’UPAC ont investi les locaux de la cour en matinée hier pour amasser des documents en lien avec l’ancien magistrat.

Il a été impossible de savoir exactement l’objet de leur enquête.

Il y a deux semaines, notre Bureau d’enquête rapportait que Jean Herbert, ancien juge responsable de la cour municipale de Longueuil, a fait devancer la comparution d’une amie Facebook avant de l’acquitter à son dernier jour de travail, au moment de prendre sa retraite le 4 février dernier.

En entrevue, ce dernier, loin de nier les faits, avait aussi avoué avoir jugé d’autres connaissances ou amis, ou avoir fait déplacer leurs dates de cour dans les dernières années, pour leur «rendre service».

À la suite de notre reportage, la ministre de la Justice Sonia LeBel avait obtenu que le Conseil de la magistrature enquête à ce sujet.

Des données manipulées?

Longueuil avait aussi mis en place un processus de «vérification diligente» après avoir lu dans nos pages que des documents montraient que les heures facturées par l’ex-juge Herbert à la Ville ne correspondaient pas toujours aux données inscrites dans le système informatique.

Selon nos sources, des employés de la cour auraient indiqué à la Ville que des données relatives aux heures de travail de l’ex-juge Herbert au cours de l’année 2018 auraient été modifiées récemment dans le système informatique de la Ville.

Longueuil confirme avoir décidé de pousser plus loin son investigation après avoir appris de la bouche de ses employés des «choses jusque-là inconnues par la direction».

«On a décidé de confier un mandat externe pour faire un audit de vérification en juricomptabilité au niveau des données. [...] Avec ce qu’on a entendu, on a voulu être bien certain d’avoir l’heure totalement juste», a commenté le porte-parole Louis-Pascal Cyr.

Selon ce dernier, la Ville désire «tout vérifier», c’est-à-dire non seulement si les heures facturées par l’ex-juge correspondent aux heures travaillées, mais également s’assurer qu’il n’y aurait pas eu de «tentative de manipuler les données».