/entertainment/music
Navigation

Un Woodstock comme dans le temps en Beauce

Coup d'oeil sur cet article

Avec ses foules plus modestes, mais tout aussi festives, qui rappelaient ses premières éditions, et la visite de celui qui a cofondé le «vrai» Woodstock, Michael Lang, Woodstock en Beauce a effectué un véritable retour aux sources en fin de semaine.

Vers midi, samedi, sur des terres de Saint-Éphrem-de-Beauce couvertes de roulottes et de tentes, l’ambiance était déjà à la fête pour des milliers de festivaliers. Il n’était pas trop tôt pour déboucher une bière et nouer des amitiés autour d’un feu de camp.

«C’est la plus belle édition depuis cinq ans et ça fait dix ans que je viens, estime Max, originaire des Laurentides. C’est de la bonne musique, celle que l’on connaît. On se couche tard et on se lève tôt. On a du fun et on vit!»

Pour sa 25e édition, le festival était de retour avec une programmation plus étoffée après trois éditions à taille réduite qui lui ont permis de rééquilibrer ses finances et de s’adapter à la concurrence grandissante dans l’industrie des festivals musicaux.

Camping musical

Les organisateurs reconnaissent que l’affluence a diminué depuis quelques années et ils l’assument pleinement. «Je pense que c’était vraiment la solution gagnante», évalue Jasmin Tremblay, directeur de Woodstock en Beauce.

Les têtes d’affiche qu’étaient Les Cowboys Fringants, Simple Plan, Alaclair Ensemble, FouKi et Les Respectables ont su attirer un public varié et nombreux, même si on était loin des éditions les plus courues.

«On a atteint nos objectifs», a simplement commenté M. Tremblay, sans donner de chiffres plus précis.

«On voit ça comme un gros camping musical, résume-t-il. C’est là dessus qu’il faut mettre le focus, plutôt que d’essayer d’avoir de trop gros groupes qu’on paie trop cher, et que le festival s’endette. Il faut juste bien doser ça et je pense qu’on est là pour un autre 25 ans.»

Double anniversaire

Cette 25e édition de Woodstock en Beauce était aussi l’occasion de souligner les 50 ans du festival qui l’a inspiré en premier lieu en présence de Michael Lang en personne.

L’air décontracté, le cofondateur du Woodstock américain de 1969 a pris le temps de serrer des mains avant de monter sur scène. Puis, il n’a pas hésité à dresser un parallèle entre les aspirations de la jeunesse des années 60, qui luttait pour un monde plus vert, pour les droits des femmes et des Noirs, et des enjeux très contemporains.

«Au fil des années, on a cru que la plupart de ces problèmes étaient résolus, jusqu’à l’élection de M. Trump en 2016», a-t-il lancé devant une centaine de personnes. Il a déploré le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat et a cité les mouvements #MeToo et Black Lives Matter.

Woodstock en Beauce se termine officiellement dimanche. Les spectacles ont toutefois pris durant la nuit.

Un visiteur attendu

Photo Annie T. Roussel

Michael Lang, le producteur du tout premier festival de Woodstock de 1969, aux États-Unis, a confié qu’il connaît l’existence de Woodstock en Beauce depuis ses débuts en 1995. «Au début, j’ai pensé qu’on devrait vous poursuivre! Ensuite, je me suis dit que vous aviez l’air d’être du bon monde et qu’on devrait vous laisser aller», a-t-il blagué, suscitant les applaudissements dans la salle.