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Meurtrier recherché

Bonheur meurtrier
Photo courtoisie Bonheur meurtrier
Dominique Girard
Fides, 236 pages

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Qui a tué Richard Young, grande vedette de la croissance personnelle ? Le suspense tiendra jusqu’à la toute fin !

La base du roman ­policier, c’est de résoudre une énigme : le « qui a tué ? », qui relève moins de la scène ­macabre ou du drame social que du jeu d’intelligence. Il y a un mystère à résoudre, point à la ligne. Le genre a fait le succès d’Agatha ­Christie, qui en a exploité tous les ressorts.

Le roman Bonheur meurtrier de Dominique Girard s’inscrit dans cette tradition. Son polar n’a pas d’autre prétention que de nous pousser à nous interroger. Et ça marche ! Son approche est toute simple, et pourtant on n’arrive pas à lâcher le livre : mais qui donc est le coupable ?

Tout tourne autour de Richard Young, né Lejeune, mais qui a changé son nom pour devenir un conférencier et un auteur à succès, espèce de gourou du bonheur.

Justement, en ce dimanche matin, il est attendu au Salon du livre de Montréal pour une séance de signatures soulignant la parution de son dernier ouvrage, Bonheur illimité. La file de ses admiratrices s’allonge, mais l’homme ne paraît pas. Pas plus qu’il ne répond aux textos et aux appels de son attachée de presse.

Celle-ci se décide à se rendre à sa chambre de l’hôtel Bonaventure. Young s’y trouve. Mort. Et ça ne semble pas accidentel. On découvrira rapidement que le fentanyl est en cause. Sauf que la vedette n’était pas toxicomane.

Appelée sur les lieux, l’enquêteuse Cathie Lebel est chargée du dossier. Et elle constate que l’homme rayonnant ne faisait pas l’unanimité autour de lui. Le lecteur le sait encore mieux puisqu’il a accès, lui, aux pensées de l’entourage du bel homme au sourire triomphant.

Derrière la façade

Il y a son ami de jeunesse, Pierre, qui n’a pas aussi bien vieilli. Il y a la vedette montante, Réal Légaré, qui le déloge de plus en plus des plateaux de télé. Il y a Audrey, l’attachée de presse qui en fait se tape tout le travail, même celui d’écrire les livres de la vedette. Il y a l’ex-conjointe en colère, mais aussi la nouvelle, une jeune Colombienne prénommée Marika... Et quelques autres encore.

Même en s’en tenant aux grandes lignes, Dominique Girard donne un portrait plausible de chacun. Il est particulièrement juste dans le cas de Marika qui, sous les artifices de la belle femme exotique, cache un désir fou de s’en sortir.

L’auteure énonce aussi des traits qui font mouche sur le monde des médias et de l’édition. Cela compense pour quelques incongruités : la traditionnelle parade du père Noël qui a lieu un lundi, pourtant jour d’école, ou un curieux attentat terroriste qui ne sert en rien l’intrigue.

Surtout, son enquêteuse est allumée et elle forme un sympathique duo avec Hugo Gagnon, fraîchement diplômé de l’École nationale de police. On a aimé les suivre dans cette enquête, rondement menée ; on les reprendrait bien pour une prochaine !