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Voici 10 photographies de Québec parmi les plus anciennes et les plus belles de l’album Paul Gouin

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Ces images témoignent d’un passé révolu, mais toujours présent dans la mémoire collective des habitants de Québec. En les regardant, on a l’impression qu’elles peuvent nous raconter une histoire.

L’album Paul Gouin est une collection de 202 photographies anciennes qui mérite d’être regardée de plus près. Plusieurs sujets d’intérêt y sont immortalisés. 

Ces 10 photographies comptent parmi les plus anciennes et les plus belles que BAnQ Québec possède dans ses collections. 

1. La place du marché devant la cathédrale Notre-Dame vers 1869 

Québec, la cathédrale et la place du marché, 1869?. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P404).
Photo Louis-Prudent Vallée
Québec, la cathédrale et la place du marché, 1869?. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P404).

Pendant le Régime français, les habitants de Québec disposent de plusieurs marchés publics. L’un est situé en basse ville, sur la place Royale, et l’autre en haute ville, devant la cathédrale Notre-Dame.  

Quant aux premières halles couvertes, elles sont érigées au début du XIXe siècle. Elles sont généralement destinées au commerce des denrées locales. Cependant, certaines sont construites aux environs des quais et des gares ferroviaires, où l’on fait le commerce des matériaux lourds ainsi que du bétail. 

En 1877, à la suite de l’enlèvement des glacis, le marché de la haute ville déménage et les activités commerciales se poursuivent à l’extérieur des fortifications, à l’emplacement actuel du Palais Montcalm.  

2. Le départ de la garnison britannique en 1871 

Québec, départ des troupes de l'armée britannique le 11 novembre 1871. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P414).
Photo Livernois & Bienvenu
Québec, départ des troupes de l'armée britannique le 11 novembre 1871. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P414).

Le 11 novembre 1871, après une présence de plus de 112 ans, la garnison britannique, qui compte environ 1000 soldats, quitte la ville pour retourner en Angleterre.  

Les officiers et les soldats du 60e régiment, du Royal Artillery et des Royal Engineers sortent de la citadelle de Québec et du parc de l’Artillerie en grande tenue et défilent pour la dernière fois dans les rues de Québec en chantant Auld Lang Sye et Good-bye, Sweetheart, Good-bye.  

En présence d’une foule nombreuse, ils embarquent sur le navire-transporteur de troupes Orontes. C’est la fin d’une époque! 

3. Les Marches naturelles de la rivière Montmorency vers 1865 

Montmorency – Sault – Les marches naturelles, vers 1865. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P423).
Photographe non identifié
Montmorency – Sault – Les marches naturelles, vers 1865. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P423).

Le site des Marches naturelles de la rivière Montmorency, qui prend sa source dans la réserve faunique des Laurentides, doit son nom aux formations de roches calcaires aux abords de la rivière. Le secteur est situé entre le barrage des Marches-Naturelles et le pont de l’avenue Royale. De nos jours, le niveau de la rivière est beaucoup plus élevé qu’au début du XXe siècle.  

La beauté de ce site naturel suscite encore aujourd’hui l’admiration de tous ceux qui viennent le visiter.  

4. Le séminaire de Québec et l’Université Laval vers 1863 

Le séminaire et l'Université Laval, vers 1863. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P426).
Photo Jules Benoit dit Livernois
Le séminaire et l'Université Laval, vers 1863. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P426).

En 1663, le premier évêque de la Nouvelle-France, monseigneur François de Laval, fonde le séminaire de Québec pour former les prêtres de la colonie. En 1852, pratiquement 200 ans plus tard, ce même établissement crée l’Université Laval, la première université francophone en Amérique.  

Jusqu’aux années 1870, le port de Québec, considéré comme le port d’entrée de l’Amérique du Nord, est très actif, puisque les bateaux possédant une forte capacité de transport ne peuvent se rendre à Montréal en raison de la présence de hauts-fonds. 

Au milieu du XIXe siècle, on compte jusqu’à 1500 voiliers transatlantiques qui viennent mouiller l’ancre à Québec. Entre 1830 et 1860, des navires à vapeur viennent s’y ajouter. 

À partir de 1870, les activités portuaires de la ville diminuent de façon significative, principalement en raison de la fin du commerce du bois équarri avec la Grande-Bretagne ainsi que de la réorientation du commerce vers le bois d’œuvre, depuis la région de Montréal vers les États-Unis. De plus, le dragage du fleuve ouvre maintenant la voie aux transatlantiques vers le sud, donc vers Montréal. 

5. La rue Saint-Jean vers 1890 

La rue Saint-Jean, vers 1890. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P467).
Photo Louis-Prudent Vallée
La rue Saint-Jean, vers 1890. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P467).

Savez-vous pourquoi la rue Saint-Jean se nomme ainsi? C’est à l’arpenteur Jean Bourdon, appelé parfois M. de Saint-Jean, que l’on doit le tracé ainsi que le nom de la célèbre rue de Québec. Vers 1650, il empruntait régulièrement ce chemin pour se rendre à sa propriété du fief Saint-Jean, situé dans l’actuel quartier Montcalm. Ce fief lui a été concédé le 5 avril 1639 par la Compagnie des Cent-Associés

Pendant le Régime français, ce secteur résidentiel est sous-développé. Toutefois, après la Conquête par les Britanniques, la rue Saint-Jean devient la principale voie de circulation entre la ville fortifiée et les différents faubourgs. Le marché situé devant la cathédrale Notre-Dame-de-Québec attire alors un grand nombre de clients et de commerçants.  

À cette époque, la population habitant à l’intérieur de l’enceinte fortifiée augmente considérablement, et la rue devient une artère commerciale de premier ordre. Plusieurs marchands, artistes et artisans ouvrent alors des boutiques. Certains d’entre eux construisent même des maisons qui combinent les fonctions résidentielle et commerciale. 

6. La Malbaie vers 1875 

La Malbaie et le Cap-à-l'Aigle, vers 1875. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P430).
Photo Alexander Henderson
La Malbaie et le Cap-à-l'Aigle, vers 1875. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P430).

En 1608, Samuel de Champlain fait un arrêt dans le secteur de La Malbaie. Il découvre assez tôt que le fond de la baie est vaseux et que celle-ci s’assèche lorsque la marée est basse. La légende dit que ses navires s’y seraient même enlisés. C’est alors qu’il aurait qualifié ce site de «Malle Baye» («mauvaise baie» en français moderne). 

Sur la photo, on peut distinguer notamment le palais de justice, qui a été construit entre 1859 et 1863 d’après les plans de l’architecte Frederick Preston Rubidge. Ce bâtiment vieux de 150 ans, édifié en pierre de taille, est l’un des mieux conservés au Québec. Son héritage historique, la richesse de ses matériaux et la grandeur de sa salle d’audience en font un joyau architectural et l’un des plus beaux palais de justice du Québec. 

7. Le panorama de Québec vu de Lévis 

Québec vue de Lévis, 1864?. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P437).
Photo Jules Benoit dit Livernois
Québec vue de Lévis, 1864?. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P437).

Le panorama du Vieux-Québec a beaucoup évolué depuis le milieu du XIXe siècle. Ici, on peut voir la vieille ville vers 1864. Si l’on observe bien, on note tout d’abord l’absence du Château Frontenac, qui n’a été construit qu’en 1892. C’est l’école normale Laval qui se trouve alors à cet emplacement.  

On distingue également la terrasse Durham, construite en 1838 sur les ruines du château Saint-Louis, qui a été détruit par un incendie en 1834. La terrasse Dufferin ne verra le jour qu’en 1879. En contrebas, on peut apercevoir le marché Champlain. Dans le parc Montmorency, sur la côte de la Montagne, on remarque l’ancien parlement de la province du Canada-Uni, construit en 1859-1860 et incendié en 1883.   

8. La porte Saint-Jean 

La porte Saint-Jean, vers 1871. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P403).
Photo Livernois & Bienvenu
La porte Saint-Jean, vers 1871. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P403).

Voici la porte Saint-Jean telle qu’elle était en 1871. Cependant, il ne s’agit pas de la première porte, mais bien de la deuxième: la destruction de la première porte a été autorisée par l’armée britannique en 1864 en raison des pressions exercées par la population pour amoindrir l’emprise militaire à Québec. 

Fait intéressant: à droite de la porte, on peut apercevoir une partie des glacis. Dans le jargon militaire, ce terme désigne un terrain découvert et généralement aménagé en pente douce à partir des éléments extérieurs d’un ouvrage fortifié. C’est ce qui assure le découvert nécessaire aux opérations de défense. 

Il est un autre détail captivant: entre le mur du rempart et le glacis, on peut distinguer le fossé et le chemin couvert utilisés par les militaires pour faire leurs rondes, et ce, tout en étant dissimulé à la vue d’un ennemi potentiel. 

Le glacis dont il est question ici a été aménagé vers 1815 et démoli vers 1875.   

9. La chute Montmorency vers 1890 

La chute Montmorency et le «pain de sucre», vers 1890. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P422).
Photographe non identifié
La chute Montmorency et le «pain de sucre», vers 1890. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P422).

La chute Montmorency est située à 13 kilomètres à l’est de Québec, à l’endroit où la rivière Montmorency se jette dans le fleuve Saint-Laurent. Site naturel d’exception, la chute domine le paysage avec ses 83 mètres de hauteur et captive les visiteurs depuis l’époque de Samuel de Champlain. 

Mais pourquoi la chute Montmorency se nomme-t-elle ainsi? C’est Samuel de Champlain qui, en 1608, la baptise en l’honneur d’Henri II, duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, amiral de France et vice-roi de la Nouvelle-France de 1620 à 1625. 

Il s’agit d’un site historique important. En juillet 1759, les forces britanniques, conduites par le général James Wolfe, débarquent au pied de la chute et établissent un camp fortifié à proximité. La bataille de Montmorency a lieu le 31 juillet 1759; c’est un événement notable de la guerre de la Conquête, où les forces françaises, commandées par Louis-Joseph de Montcalm, parviennent à repousser les troupes britanniques. Elle précède la bataille des plaines d’Abraham.  

Pendant la période hivernale, on peut voir se former un cône de glace qui atteint souvent les 30 mètres de hauteur. Au XIXe siècle, une activité très populaire consiste à descendre en traîneau ce fameux «pain de sucre». 

10. Le chemin du Roy à la fin du XIXe siècle 

Sur la route de Beauport, vers 1870. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P399).
Photo Livernois & Bienvenu
Sur la route de Beauport, vers 1870. BAnQ Québec (E6, S8, SS6, P399).

L’avenue Royale à Beauport est l’un des plus vieux chemins en Amérique du Nord. 

La route de la Nouvelle-France suit le premier chemin du Roy tracé par monseigneur de Laval en 1683. Les maisons, caveaux, églises, moulins, fermes et paysages qui le parsèment dévoilent un patrimoine vieux de 400 ans. 

Le village du Fargy est situé dans la seigneurie de Beauport. Son nom est tiré de l’inversion des deux syllabes du patronyme Giffard. Il constitue le noyau initial de Beauport, dont les premières terres sont concédées officiellement en 1655. Elles sont réparties le long d’une voie, au nord d’une commune.

Un texte de Catherine Lavoie

Vous pouvez consulter la page Facebook de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en cliquant ici et son site Web en vous rendant ici.

Sources :