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Enfin une cure de jeunesse pour nos infrastructures

Silhouette Teams of Business Engineers looking for blueprints in construction sites through blurry construction sites at sunset.
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 Les investissements privés et publics en immobilisation non résidentielle pètent présentement le feu au point où le Québec s’apprête à enregistrer en 2019 sa meilleure année depuis 2012. Des investissements totaux de 41,5 milliards $ sont anticipés, selon les perspectives rapportées par Statistique Québec et Statistique Canada. 

 De toutes les provinces, le Québec devrait enregistrer la deuxième plus forte croissance des dépenses en immobilisation, avec une augmentation de 5,7 % par rapport à l’année 2018. C’est la Colombie-Britannique qui occupe la tête avec une croissance anticipée de 12,9 %. L’Ontario arrive au 3e rang avec une hausse de 3,8 %. 

  • ÉCOUTEZ la chronique de Michel Girard à Le 6 à 9 de Caroline et Maka sur QUB radio:

 En 2019, on s’attend à ce que le secteur public (Québec, Ottawa, municipalités) dépense 20,9 milliards $, soit légèrement plus que le secteur privé avec des dépenses de 20,6 milliards $. 

 La construction (bâtiments industriels et institutionnels, infrastructures, immeubles commerciaux, etc.) va accaparer près des deux tiers des investissements : 26,3 milliards $. 

 Les investissements en matériel et l’outillage (ordinateurs, matériel de bureau, matériel de transformation, logiciels, camions, autobus, etc.) s’élèveront à 15,2 milliards. 

 Aux 41,5 milliards $ d’investissements en immobilisation non résidentielle, s’ajoutent des dépenses en construction résidentielle qui devraient dépasser le cap des 24 milliards $. 

 Les chantiers dérangent... 

 Qu’y a-t-il de plus dérangeant qu’un chantier de construction ? Un autre chantier qui pousse juste à côté. Courage, la situation va encore empirer cette année ! 

 Ainsi, vient-on à peine de terminer au coût de 4,43 milliards $ le nouveau pont Samuel-De Champlain qu’on entreprend la démolition de son prédécesseur, le vieux pont Champlain, pour le prix de 400 millions $. 

 Pendant ce temps-là, on a dans les jambes le fameux Réseau express métropolitain (REM) de CDPQ Infra qui étend ses tentacules à la vitesse de l’éclair pour relier la Gare de Deux-Montagnes, la Rive-Sud, l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau et le centre-ville de Montréal. Le tout pour la somme de 6,3 milliards $. 

 Juste dans la région de Montréal, la Commission de la construction du Québec a recensé 72 gros projets (+ de 28 milliards $) actuellement en activité dans les secteurs génie civil, voirie, institutionnel et commercial. 

 À cela s’ajoutent 25 importants projets résidentiels, d’une valeur dépassant les 5 milliards $. 

 Urgent de revamper 

 Prenons notre mal en patience... Il y a tout de même un côté fort positif : pendant qu’on enchaîne les détours pour se rendre à destination, la construction fait tourner rondement l’économie. 

 Et à la lumière du dossier du Journal « Nos routes en déroute », convenons qu’il est urgent de les revamper.