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Grande Allée: les restaurateurs cherchent désespérément des employés à la veille du FEQ

À deux jours du Festival d’été, la pénurie de main-d’œuvre fait craindre le pire

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À deux jours du début du Festival d’été de Québec, des restaurateurs de la Grande Allée s’arrachent les cheveux en tentant de trouver des employés supplémentaires pour répondre à la « plus grosse période de l’année », alors que d’autres ont carrément décidé de fermer certaines journées, faute de main-d’œuvre.

«Je me réveille à 4 h du matin ces temps-ci, et le hamster tourne, je me demande comment je vais faire la journée», affirme Philippe Linteau, directeur du Belga sur la Grande Allée.

Visiblement découragé, il n’a d’autre choix que de fermer la cuisine plus tôt. «Hier [lundi], j’ai dû fermer ma cuisine à 8 h 30, alors que ça ferme habituellement vers 11 h l’été. J’ai un cuisinier qui a fait 15 heures, ce n’est vraiment pas facile», dit-il.

Même s’il est minuit moins une, M. Linteau dit n’avoir d’autre choix que d’engager «ce qu’il peut» à quelques jours du début des festivités.

«J’en ai une qui commence demain [mercredi], c’est un délai très court. Habituellement, je les forme pendant trois quarts avant de les laisser seuls, mais là, je n’ai pas le choix. Ça va être : apprends le menu et go», lance-t-il d’un ton découragé.

Et la situation n’est guère mieux lorsqu’on interroge les autres restaurateurs de l’artère festive de Québec, alors que la plupart doivent doubler leur nombre d’employés pendant ces 10 jours cruciaux.

Fermé la fin de semaine

Au restaurant Louis-Hébert, le propriétaire a d’ailleurs été forcé de fermer boutique durant les journées de fins de semaine, une première en 38 ans de carrière. Il n’ouvrira que pour les soupers, faute de cuisiniers.

Ces fermetures forcées représentent des pertes de près de 10 000 $ de façon hebdomadaire. « On préfère fermer plutôt que d’offrir un mauvais service », affirme Antoine Xenopoulos.

Le recrutement est aussi difficile à l’Atelier, où l’on cherche toujours une dizaine d’employés pour affronter le FEQ.

«On reçoit des CV, mais si on ne les appelle pas dans l’heure, ils se sont trouvé autre chose!», lance le copropriétaire Jonathan Ollat. «La conscience professionnelle est une valeur plus rare de nos jours», poursuit-il.

Les «No Show»

Le recrutement est d’autant plus difficile pour les restaurateurs, qui dans ce contexte de pénurie de main d’œuvre, font face à des employés qui «magasinent» leur emploi. «J’ai récemment rencontré un cuisinier. Je lui ai demandé le salaire qu’il demandait, je suis tombé en bas de ma chaise. Je me suis excusé, je ne pouvais pas le payer», indique M. Linteau.

Plusieurs autres affirment aussi devoir affronter les «No Show», soit des employés qui ne rentrent pas pour leur quart de travail ou pire, qui ne se présentent pas pour une entrevue d’embauche.

Résultat, les restaurateurs mettront les bouchées doubles au cours des prochains jours, pour affronter l'achalandage monstre du FEQ

Un concours pour travailler

D’autres restaurateurs ont fait preuve d’originalité pour attirer les employés cette semaine, allant même jusqu’à mettre sur pied un «concours».

C’est le cas au Saint-Hubert de la Grande Allée, où l’on invite les employés des autres succursales de Québec à venir travailler en temps supplémentaire. En échange, ceux-ci peuvent gagner des prix en argent variant entre 200 $ et 300 $.

«Avec cet incitatif, je suis complet pour cette semaine, mais j’espère encore trouver des employés pour la deuxième semaine [du Festival d’été]. On se croise les doigts», affirme le directeur Stéphane Lapointe.

Des réactions

«J’avais deux entrevues de prévues hier [lundi], mais aucune ne s’est présentée!» –Philippe Linteau, directeur du Belga sur la Grande Allée

«On ne recherche plus nécessairement les compétences, mais plutôt l’envie de travailler et d’apprendre.» –Jonathan Ollat, copropriétaire de l’Atelier

«En 38 ans, c’est la première fois qu’on ne trouve personne comme ça.» –Antoine Xenopoulos, propriétaire du restaurant Louis-Hébert