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Tour de France: un Québécois au pays d'Eddy Merckx

Hugo Houle est seulement le 3e cycliste né au Québec à participer à la prestigieuse course

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BRUXELLES | À peine arrivé au pays d’Eddy Merckx pour son premier Tour de France en carrière, le Québécois Hugo Houle connaît bien sa mission qui est de rapporter le maillot jaune à l’équipe Astana sur les Champs-Élysées. 

L’ombre du Cannibale plane partout sur la ville hôte du grand départ cette année. À Bruxelles, la photo de l’ancien champion belge est tapissée partout pour célébrer le 50e anniversaire de sa première victoire au Tour de France en 1969. 

Il y a quelques jours, le roi Philippe a même rendu hommage à Eddy Merckx, 74 ans, considéré comme le meilleur cycliste de l’histoire. Passionné de vélo, le roi a publié un texte inédit qui a mis les larmes aux yeux du petit Eddy, vite devenu une légende après son premier sacre. 

Un travail à accomplir

Pour sa part, quelques heures avant de donner ses premiers coups de pédales sur la 106e édition de la Grande Boucle, Hugo Houle ne songe pas à son propre palmarès, il veut plutôt briser la suprématie de la formation Ineos, anciennement Sky. Une tasse de thé à la main, c’était le calme avant la tempête pour le Québécois. 

«L’équipe m’a bien préparé. Plus le Tour est dur, mieux c’est pour nous. On ne veut pas perdre la course au début. On surveille les chutes, le vent. On reste en santé, on économise de l’énergie et la troisième semaine, ça sera de la dynamite. La différence va se faire. Avec un leader comme Jakob Fuglsang, tu dois être alerte tous les jours.» 

Au cours des sept dernières années, seule l’équipe Astana, avec Vincenzo Nibali en 2014, a justement brisé l’hégémonie des Ineos avec les Britanniques Wiggins, Froome et Thomas. En attendant de dompter le monstre qu’est le Tour de France, Houle est allé s’entraîner mercredi sur le circuit automobile de Zolder, lieu de la mort tragique du grand Gilles Villeneuve en 1982. 

Un calme olympien 

«Je suis prêt. J’ai 4 kg de moins qu’avant. C’est la routine et il ne faut pas se laisser distraire. C’est sûr qu’il y a plus de pression. Peut-être que je vais réaliser à quel point c’est fou avec l’ambiance de la présentation. Ça va être débile en fin de semaine. Sauf qu’une fois que la course sera lancée, je ne suis pas inquiet. La forme est là et je n’ai jamais marché aussi fort», ajoute le cycliste de 28 ans avec un calme désarmant. 

Hugo Houle ne croit pas non plus que le tracé 2019 favorisera outre mesure un grimpeur comme le Français Romain Bardet ou le Colombien Egan Bernal. 

«Tu peux faire n’importe quel parcours, ça dépend de la façon dont les équipes vont courir. Si on commence à s’attaquer, la journée qui devait être plus relaxe peut être la plus dure de la semaine. Je pense que la course va être plus ouverte », a terminé le Québécois.  

► La présentation officielle des équipes du Tour de France 2019 aura lieu jeudi sur la Grand-Place de Bruxelles. 

«Je suis capable de gagner une étape» – Michael Woods 

Le seul autre Canadien au départ de ce Tour de France s’élancera avec un rôle fort différent et un objectif majeur. 

Né à Ottawa, Michael Woods va également prendre le départ de la plus grande course au monde pour la première fois de sa carrière à l’âge de 32 ans. 

Comme le surnomment ses amis québécois, Michel Dubois est arrivé en mi-journée de Barcelone avant d’aller se délier les jambes, pour ensuite assister à une activité promotionnelle de l’équipe Education First. Au Tour de France, l’horaire est toujours planifié au quart d’heure. 

Woods n’est pas venu en touriste. Il veut gagner. Avant lui, seul le Canadien Steve Bauer a remporté une étape sur route en 1988 et Ryder Hesjedal, un contre-la-montre par équipe en 2011. Woods arrive en Belgique avec en poche une victoire d’étape au Tour d’Espagne et une 3e place aux Mondiaux 2018. À le voir matraquer les plus grands grimpeurs, on a cru un moment qu’il serait champion du monde à la fin de la dernière saison. Sa progression est fulgurante et le sommet qu’il pourra atteindre demeure inconnu. 

«Un autre rêve» 

«C’est énorme comme course. Je le sens déjà. J’ignore mes limites personnelles. Je peux encore aller plus loin. J’ai commencé le vélo avec le but de faire les Olympiques, mais même dans ma carrière en athlétisme, je regardais le Tour de France. C’est un autre rêve qui se réalise», explique l’athlète. 

La «recrue» partage sa chambre avec Tejay van Garderen, lequel a terminé deux fois 5e au classement général. Il devra aussi épauler Rigoberto Uran, qui a terminé 2e au Tour de France 2017. De son côté, Woods vise un grand coup d’éclat. 

«Ils ont plus d’expérience, mais plus de stress et de pression, aussi. Ça m’aide parce que je suis un peu plus libre. Je suis capable de gagner une étape ici et ce n’est pas un rêve fou, c’est possible pour moi», termine le cycliste dans un excellent français.