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3e lien: l’étalement urbain va être «très limité» selon le maire de Lévis

3e lien: l’étalement urbain va être «très limité» selon le maire de Lévis
Photo Simon Clark

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La construction du troisième lien n’entraînera qu’un étalement urbain «très limité» sur la Rive-Sud, selon le maire de Lévis, qui associe même ce phénomène redouté par les environnementalistes à un «mythe» en territoire lévisien.  

De retour d’une mission en France, pour souligner les 50 ans du jumelage entre la ville de Lévis et Grand Quevilly en Normandie, le maire a réagi pour la première fois, ce jeudi, à l’annonce du choix d’un tunnel sous-fluvial par le ministre des Transports François Bonnardel. 

«C’est une excellente nouvelle, c’est sûr, qui va permettre d’améliorer la fluidité de la circulation et d’améliorer surtout le réseau de transport structurant en commun. Entre nous, c’était l’option que je privilégiais, un tunnel entre les deux rives sans arrêt à l’Île d’Orléans, alors je trouve qu’on a le monde idéal. Il y aura peu d’impacts sur l’environnement», a-t-il déclaré en mêlée de presse à l’hôtel de ville de Lévis.  

Plusieurs groupes environnementalistes craignent toutefois les conséquences de l’aménagement du 3e lien sur l’aménagement du territoire, l’accroissement de la population en périphérie, l’augmentation de la pollution, la perte d’espaces verts et de terres agricoles puis ultimement, le retour de la congestion routière dans les secteurs autrefois inhabités.  

22 500 nouvelles habitations à Lévis

«L’étalement urbain va être finalement très limité parce qu’on a toujours la Commission de protection du territoire agricole qui est en force. Deuxièmement, il ne faut jamais oublier que le périmètre urbain de Lévis, en termes de capacité d’habitations, en enlevant toutes les zones de contraintes (comme les milieux humides), on peut ajouter 22 500 nouvelles unités d’habitations dans le périmètre actuel, sans aucun problème», a observé le maire Lehouillier. 

«On en a au moins pour 15-20 ans sans avoir aucun empiétement en zone agricole. D’autre part, il est peu probable que la venue d’un troisième lien ait un impact dans des endroits comme Beaumont, Saint-Vallier, Saint-Michel, où la population va souhaiter conserver son caractère plus rural», a-t-il poursuivi. 

«Il faut faire attention quand on parle d’étalement urbain parce que Lévis, ce n’est pas une ville d’étalement. Le problème, c’est que les gens ont la vision de la ville de Lévis d’il y a trente ans, mais aujourd’hui, la ville de Lévis, c’est une ville-centre avec 75 000 emplois, on est les premiers pour la croissance économique actuellement et notre croissance répond à un plan d’urbanisme qui vise à densifier en passant, c’est ça que les gens oublient», a renchéri le maire en mêlée de presse.    

«Au niveau de l’urbanisation, il n’y a pas de problème comme tel. C’est plus un mythe de dire qu’on va faire de l’étalement urbain (...) Oui, il va se faire du développement, mais ma prédiction, c’est que ce développement-là va se faire surtout dans l’axe Kennedy en allant vers Bellechasse donc Lévis, Saint-Henri, Saint-Anselme, des zones qui sont déjà fortement industrialisées avec Prévost Car à Sainte-Claire ou Exceldor qui produit 2,5 millions d’unités de poulets par semaine». 

Peu d’expropriations

Le maire de Lévis estime également qu’il y aura très peu d’expropriations à Lévis sur le tracé du tunnel qui doit venir se raccorder à l’autoroute 20 dans le secteur de la route Lallemand. «Il va y en avoir, mais ça va être mineur». Le Port de Québec a déjà une option sur les immenses bandes de terrains du défunt projet Rabaska, a-t-il également rappelé. 

Gilles Lehouillier entend également la semaine prochaine «l’extrême utilité» du troisième lien avec des exemples concrets qu’il a pu constater lors de sa mission à Grand Quevilly, ville voisine de Rouen dont l’agglomération compte près de 500 000 habitants. 

«Je suis en train de compiler les données accumulées. Il y a des expériences de liens en France dans des régions comparables à la région de Québec et les effets ont été extrêmement bénéfiques. Le trafic de transit n’est pas calculé dans l’Enquête Origine-Destination et l’expérience qu’on va vous amener la semaine prochaine, de la France, va démontrer l’extrême utilité d’avoir un nouveau lien qui permet à ce trafic de transit de sortir du pont Laporte et de sortir de la ville de Québec pour utiliser ce tracé-là.»