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Tour de France: Astana et Hugo Houle n’entendent pas à rire

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BRUXELLES | Un peu isolé depuis deux jours dans un hôtel près de l’aéroport, Hugo Houle a enfin vécu toute la fébrilité du 106e Tour de France lors de la présentation officielle des équipes tenue jeudi dans le décor grandiose de la Grand-Place de Bruxelles, un lieu historique d’une renommée mondiale.

L’air sévère sur la scène, le Québécois a malgré tout esquivé un léger sourire en levant fièrement la main pour saluer plusieurs milliers de spectateurs. Dans cette équipe cycliste du Kazakhstan, on laisse très peu filtrer les émotions. « J’ai juste apprécié le moment. Ça faisait déjà trois heures qu’on attendait. C’est game face, comme on dit ! Ça intimide nos adversaires », a lancé mi-sérieux l’athlète de 28 ans après un défilé d’un kilomètre.

Un site incroyable

Inscrite en 1998 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, la Grand-Place n’a pas fait mentir ce que Victor Hugo disait à son sujet. « Être ici pour les 50 ans de la première victoire du plus grand champion de l’histoire, Eddy Merckx, être ici pour le centenaire du maillot jaune, c’est une sorte d’alignement des planètes. J’ai simplement envie de dire “merci, Bruxelles” », a mentionné le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme. Après avoir été hué, le grand patron de la course a été applaudi.

Omar Fraile, Hugo Houle, Alexey Lutsenko Tour de France

COURTOISIE
Photo courtoisie
Omar Fraile, Hugo Houle, Alexey Lutsenko Tour de France COURTOISIE

« C’est tout un pays de vélo », a affirmé l’un des favoris de la foule, le Belge Greg Van Avermaet, champion olympique et double vainqueur d’étape sur la Grande Boucle.

Pour sa part, Houle avoue qu’il n’avait rien vécu de semblable dans sa carrière. « L’architecture, c’est tellement beau et impressionnant. J’ai compris l’ampleur de toute l’organisation. La télévision belge voulait savoir ce que je pensais du pays. Je commence à sentir la vibe du Tour un peu plus qu’à l’hôtel en banlieue ! », a ajouté le Québécois, qui portera le dossard 74.

En ce début de Tour, l’olympien de Rio évitera les distractions puisque ses parents et sa conjointe arriveront un peu plus tard. « On est très fier de lui. C’est l’aboutissement d’un rêve. Il a réussi à le réaliser. On part le 13 juillet. On espère pouvoir le voir lors du jour de repos à Nîmes. On cherche des moments pour être avec lui, pas seulement lui parler », explique avec émotions sa mère, Diane Allard.

Un modèle à suivre

À distance, le président de Cyclisme Canada suivra lui aussi avec grand intérêt les coups de pédale du Québécois. Comme d’autres, il salue ses efforts des dernières années.

« On ne peut pas avoir meilleur modèle que lui. Il est tenace, travaillant et d’une éthique irréprochable. En plus, si ça peut convaincre quelques jeunes de s’asseoir sur un vélo plutôt que devant un écran, Hugo aura accompli quelque chose d’extraordinaire. Sa présence va nous faire suivre le Tour très attentivement », a commenté Pierre Laflamme.

Avec d’attaquer trois pénibles semaines, Hugo Houle vivra vendredi une dernière journée paisible. « Un petit 90 minutes de vélo, un massage et un petit café tranquille. »

Dans le calepin...

  • En 2016, les médias français avaient une grande curiosité pour le « Caribou » québécois Antoine Duchesne. En Belgique, dans une équipe kazakhe, Hugo Houle est beaucoup moins sollicité.
  • Après avoir enfilé un costume rwandais pour les 25 ans de la fin du génocide, le Manneken-Pis a endossé lui aussi pour quelques jours le maillot jaune du Tour de France.
    Même le célèbre Manneken-Pis s’est vêtu de jaune pour le départ.
    Photo Jean-François Racine
    Même le célèbre Manneken-Pis s’est vêtu de jaune pour le départ.
  • Accueillir le départ a nécessité un investissement de 11 millions d’euros pour la Ville de Bruxelles. Les dirigeants estiment par un savant calcul que la mise est rentable pour la capitale.
  • Avec toute la richesse ornementale de la Grand-Place, on ne peut s’empêcher de penser à l’incendie survenu à la cathédrale Notre-Dame de Paris.
  • La formation Deceuninck - Quick-Step a été huée jeudi pour ne pas avoir sélectionné le champion belge Philippe Gilbert, qui quittera sous peu l’équipe.
  • Le Tour de France a réalisé une série intéressante en choisissant dix coureurs qui ont porté le maillot jaune une seule journée durant toute leur carrière. On retrouve notamment Romain Feillu, Jean-Pierre Genet, qui est un fidèle équipier de Raymond Poulidor, ainsi que le Canadien Alex Stieda, brièvement en tête du classement en 1986.

Deux partenaires d’affaires québécois contribuent à sa réussite

Jean Bélanger, président et chef de l’exploitation de Premier Tech, et Gervais Rioux, dont les vélos Argon 18 sont présents sur le Tour de France depuis plusieurs années, ont fait le voyage pour encourager le cycliste québécois.
Photo Jean-François Racine
Jean Bélanger, président et chef de l’exploitation de Premier Tech, et Gervais Rioux, dont les vélos Argon 18 sont présents sur le Tour de France depuis plusieurs années, ont fait le voyage pour encourager le cycliste québécois.

Dans une formation étrangère où l’on parle espagnol, danois et russe, deux partenaires d’affaires québécois ont tissé des liens importants pour contribuer aux succès du cycliste Hugo Houle.

Sur l’autocar et les véhicules de l’équipe Astana, on retrouve le nom de Premier Tech, une entreprise de Rivière-du-Loup qui emploie plus de 4500 personnes dans quelques dizaines de pays à travers le monde.

Le président et chef de l’exploitation de Premier Tech a fait le voyage outre-mer pour rencontrer les dirigeants, serrer des mains et aussi féliciter son poulain.

« Le partenariat avec l’équipe Astana, ça fait partie de la dynamique qui a amené Hugo avec eux. Ensuite, ses performances, son dévouement et son attitude font que nous sommes très fiers de lui », a expliqué Jean Bélanger.

Ce dernier mentionne qu’il n’y a pas véritablement de lien entre Premier Tech et le Kazakhstan. Le lien s’est plutôt fait avec le fabricant de vélo québécois Argon 18, et son fondateur Gervais Rioux. Chez Astana, on roule sur des montures de la Belle Province.

Présence importante

« Le lien s’est fait entre Gervais et moi. On a envisagé différentes équipes et la connexion était bonne avec Alexandre Vinokourov et d’autres directeurs sportifs. C’était important d’être ici pour célébrer ça avec Hugo », a ajouté M. Bélanger.

L’ex-olympien Gervais Rioux est également à Bruxelles pour discuter du futur, mais aussi vivre cette aventure avec le cycliste québécois.

« Ce projet visait à ouvrir éventuellement une filière québécoise. Hugo a fait sa place et c’est la concrétisation. C’est important de venir le supporter au début du Tour. Il faut qu’il sente l’appui local », a ajouté l’homme d’affaires.

Pour les deux compagnies, le contrat arrive bientôt à échéance, mais la volonté de continuer est bien présente. « C’est super de les avoir pour m’accompagner. Je suis content de vivre ça avec eux », a conclu Hugo Houle.