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Du vin en vrac payé 84 cents revendu jusqu’à 16 $ à la SAQ

Des marges bénéficiaires énormes au détriment des consommateurs du Québec

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Du vin en vrac payé 84 cents peut parfois être revendu jusqu’à 15 $ et même 16 $ la bouteille à la Société des alcools du Québec (SAQ) ainsi que dans les épiceries et les dépanneurs au Québec.  

Des données publiées par l’Association américaine des économistes du vin, issues du site Comtrade, indiquent que les importateurs de vins en vrac font des affaires d’or au Québec.  

Les importateurs canadiens ont payé en moyenne 1,11 $ CA (85 cents US) le litre de vin en vrac l’an dernier. Pour une bouteille de 750 ml, on parle alors d’un coût de revient de 84 cents CA.  

Marc-André Gagnon, rédacteur en chef du site VinQuébec
Photo courtoisie
Marc-André Gagnon, rédacteur en chef du site VinQuébec

«Tout le monde brasse de grosses affaires avec le vin en vrac, à l’exception des consommateurs qui ignorent ce qu’ils boivent, et la SAQ ne leur dit pas», déplore le rédacteur en chef du site spécialisé VinQuébec.com et chroniqueur Marc-André Gagnon.  

Le vin acheté en vrac de producteurs de l’Australie, du Chili, de l’Espagne, des États-Unis et de la France, notamment, arrive par bateau au Canada. Une fois mis en bouteille par des usines d’embouteillage, il est par la suite revendu à la SAQ.  

  • Yves Mailloux, du Club des dégustateurs de grands vins, était à l’émission Dess de 11 à 13 sur QUB radio: 

Tous les vins vendus dans les épiceries et les dépanneurs sont embouteillés au Québec et sont importés en vrac.  

La SAQ offre également de plus en plus de vins en vrac sur ses tablettes, sans toutefois le préciser sur les étiquettes des bouteilles.  

Selon les données de Comtrade, le Canada a importé l’an dernier 109,7 millions de litres de vin en vrac, pour un montant payé de 92,8 millions $ US.  

L’industrie se défend  

Au Québec, trois gros joueurs de l’embouteillage dominent le marché du vin en vrac, dont la Maison des Futailles (Kruger), Arterra (ex-Constellation Brands) et Arista (Lassonde).  

La SAQ indique que le vin en vrac vendu sur ses tablettes est importé directement par les embouteilleurs au Québec.  

«Nous achetons le vin une fois qu’il est embouteillé, donc un produit fini. On applique les mêmes marges sur les vins embouteillés au Québec que sur ceux embouteillés sur les lieux d’origine», a fait savoir mercredi une porte-parole de la société d’État, Linda Bouchard.  

Chez les embouteilleurs, on soutient que le prix payé pour le vin en vrac ne représente qu’une partie des frais d’une bouteille.  

« C’est le prix de base, il y a beaucoup d’autres frais qui s’ajoutent qui ne se font pas à coûts zéro. On doit dénicher des œnologues, importer au lieu de consommation, analyser, certifier, embouteiller et finalement commercialiser », a précisé hier le porte-parole de l’Association des négociants embouteilleurs de vins (ANEV), Jean-Patrick Laflamme.  

Exemple de frais de majoration d’un vin vendu à 15 $ (format de 750 ml)    

  • Prix payé au producteur | 5,35 $  
  • Frais de majoration (SAQ) | 6,17 $  
  • Taxe de vente provinciale (TVQ) | 1,30 $  
  • Taxe sur alcool (Québec) | 1,05 $  
  • Taxe fédérale (TPS) | 65 cents  
  • Droits d’accise et douane (Ottawa) | 48 cents  
  • Prix de vente au détail | 15 $   

 Source : SAQ  

 Des exemples de vins en vrac vendus à la SAQ (bouteille de 750 ml)    

  • EXP Chardonnay (vin blanc et rouge) | 16,65 $  
  • Big House (vin rouge) | 13,70 $  
  • Bù Spendido (vin blanc) | 13,35 $  
  • RH Philipps (vin rouge) | 13,20 $  
  • Lulu B. Chardonnay (vin blanc) | 11,70 $  
  • Cliff 79 (vin rouge) | 10,10 $  
  • Red Revolution (vin rouge) | 9,95 $   

 Source : SAQ

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