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Il faut qu’Ottawa change de discours

GEN - UNITY CRÉATION DE 450 EMPLOIS
Photo Martin Alarie Mélanie Joly

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Comme je prévoyais, le rapport intérimaire des sept « experts » nommés par l’ex-ministre du Patrimoine Mélanie Joly pour mettre le Canada à l’heure du numérique n’est que le compte rendu de ce qu’ils ont entendu ou lu depuis juin 2018.

Un an de travail pour ça ! La montagne qui accouche d’une souris. Des voyages de Vancouver à Halifax, en passant par Whitehorse, Yellowknife et Iqualuit, pour entendre ce que ces experts devaient savoir ou auraient dû savoir. Sinon, avaient-ils la compétence de faire partie d’un comité dont le mandat est d’une telle importance et ses recommandations d’une telle urgence ?

C’est l’avenir de nos télécommunications qui est en jeu, mais surtout l’avenir d’une industrie culturelle qui représente dans sa totalité 40 milliards de dollars et emploie 600 000 Canadiens. Une industrie aussi considérable que les mines et le pétrole et deux fois plus grosse que l’agriculture et l’industrie du bois réunies.

LA FAUTE DU GOUVERNEMENT

Si le rapport n’a pas fait de bruit lors de sa publication, c’est qu’il n’indique aucune direction et ne nous apprend presque rien. Il pèse simplement le pour et le contre des opinions qu’ont fait parvenir par écrit une trentaine de personnes et plus d’une centaine d’organismes et d’associations.

À la décharge du comité, ce n’est pas sa faute, mais bien celle d’Ottawa, si on lui a prescrit un horaire de tortue. Comme n’importe quel comité qui a tout son temps, celui de la présidente Janet Yale a commencé son travail par une consultation.

Cette consultation suivant de si près la très exhaustive consultation lancée par le CRTC en octobre 2013, « Parlons télé : une conversation avec les Canadiens », l’industrie de la télévision, peut-être plus immédiatement impactée, a eu l’impression qu’Ottawa ne voulait que gagner du temps, cherchant lui-même les clés de la révolution numérique.

Un mandat complet du gouvernement se sera donc écoulé sans qu’aucune mesure législative ne soit adoptée pour que le Canada retrouve le leadership qu’il a déjà eu en télécommunication et en radiodiffusion. À l’approche de la campagne électorale, tous les partis devront formuler leurs solutions sans attendre le rapport final. Ils ne trouveront pas les solutions dans ce rapport préliminaire, mais ils pourront au moins se rendre compte des principales questions qui préoccupent les citoyens.

L’INTERNET ET LA TÉLÉPHONIE

Ceux qui habitent hors des grands centres, par exemple, sont pressés d’apprendre quand ils pourront compter sur une connexion décente à internet. Où qu’ils vivent, ils veulent aussi une téléphonie mobile efficace à un prix raisonnable. Rien de cela ne sera possible sans qu’on ne facilite la construction d’infrastructures dont le partage par les compagnies devra être rendu obligatoire.

Tous les citoyens sans exception trouvent inacceptables que les géants du web ne perçoivent pas la TPS et les taxes de vente provinciales comme sont obligées de le faire les entreprises canadiennes. Il n’y a aucune raison d’attendre le rapport de janvier pour agir, d’autant plus que la plupart des géants du web sont disposés à se plier à cette exigence. Les contribuables doivent aussi savoir quels sont les gestes posés jusqu’ici par le gouvernement pour en arriver à les imposer.

Si le gouvernement veut être crédible, il doit changer de discours, cesser de parler de ce qu’il fera, mais dire ce qu’il fait!