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Plus riche grâce à la Bourse

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Misant de plus en plus sur les placements privés, les infrastructures et l’immobilier, j’ai hâte de voir si la Caisse de dépôt et placement du Québec va réussir à rapporter un rendement semestriel aussi lucratif que celui des marchés boursiers et obligataires.

Cette fois, la barre est très haute. C’est rien de moins qu’un imposant rendement de 16 % en seulement six mois d’activités pour la Bourse canadienne. Mieux encore : 18,5 % pour la Bourse américaine. Les bourses européennes ont engrangé pour leur part un rendement de 10,8 %.

Autant le précédent semestre (allant de juillet à décembre dernier 2018) avait été dramatiquement moche en enregistrant de lourdes pertes, autant celui qui vient de se terminer en juin s’est avéré étonnamment gratifiant, et ce, tant au niveau de la Bourse que du marché des obligations négociables.

Eh oui ! Même le marché obligataire a rapporté un appréciable rendement semestriel aux détenteurs d’obligations alors qu’à titre d’exemple, l’indice « FTSE Canada Obligations univers » rapportait 6,5 % en six mois et l’indice « FTSE Canada Obligations à long terme » bondissait de 12,1 %.

LA CAISSE

Revenons à la stratégie d’investissement mise en place par Michael Sabia.

Elle a permis à la Caisse de déclarer en 2018 un surprenant rendement de 4,2 % alors que les marchés boursiers mondiaux avaient tous bouclé l’année dans le rouge foncé en raison notamment de l’escalade tarifaire de Donald Trump, des grandes incertitudes géopolitiques, des politiques monétaires...

Parole du grand patron de la Caisse : « Notre objectif de construire un portefeuille robuste et résilient pour bien performer dans de tels marchés (baissiers) a été atteint. »

« Il faut anticiper que le ralentissement économique mondial, évident en Chine et de plus en plus aux États-Unis, ainsi que les impacts des risques géopolitiques sur la confiance des consommateurs, l’investissement des sociétés et donc sur l’économie réelle, créeront beaucoup d’incertitude qui stimulera la volatilité des marchés », ajoutait M. Sabia.

Le problème ? En gardant le cap sur sa stratégie défensive, la Caisse risque de moins bien performer lorsque les marchés s’emballent comme ce fut le cas lors du semestre. Voilà le prix à payer !

HAUSSE INATTENDUE

Que ce soit à la Caisse, chez les firmes de courtage et autres grandes caisses de retraite, aucun stratège de portefeuille n’a prédit en début d’année que les marchés boursiers et obligataires allaient enregistrer une si forte hausse.

Grâce à ce lucratif semestre, tous les investisseurs, les petits comme les grands, se sont enrichis. À tout le moins sur papier !

À preuve... Selon la firme Aubin Actuaire Conseil Inc, le rendement semestriel d’un portefeuille équilibré composé de 50% d’obligations canadiennes (indice FTSE Canada univers), de 25% d’actions canadiennes (S&P / TSX) et 25% d’actions mondiales (indice MSCI Monde) a rapporté un rendement semestriel de 10,3 %.

Et avec un portefeuille composé, mettons de 35 % d’obligations et 65 % d’actions (moitié canadiennes et moitié mondiales), le rendement semestriel grimpe à 11,4 %, selon Aubin.

Souhaitons-nous un bon deuxième semestre !