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Un prêteur usuraire a plaidé coupable d’extorsion

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Un agent de sécurité qui s’adonnait aux prêts usuraires a coupé court à son procès en avouant avoir extorqué de l’argent à un employé d’un CIUSSS à coups de menaces, tout en décuplant les intérêts à chaque retard de paiement.

« Jusqu’à ce qu’elle porte plainte à la police, la victime ne dormait plus, elle était terrorisée », a expliqué la Couronne lors de la récente audience de Martin Nguyen au palais de justice de Montréal.

L’homme de 43 ans est un agent de sécurité qui travaillait dans un Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du centre-ville de Montréal lorsqu’il a commis ses crimes, en 2017. Là-bas, il se vantait d’être riche grâce aux prêts privés. Et quand il a trouvé un employé qui avait des problèmes de jeu compulsif, Nguyen a flairé la bonne affaire.

« Il lui a offert un prêt en lui montrant une liste de gens à qui il avait prêté de l’argent ; la victime dit avoir vu le nom d’autres employés », a dit la Couronne.

Menaces et intimidation

Rapidement, Nguyen a consenti à trois prêts totalisant 4500 $. Sauf qu’en quelques mois, la victime n’a pu rembourser que 1200 $.

« Nguyen est allé la voir pour lui expliquer sur un ton intimidant ce qu’il se passait si une personne ne paye pas », a expliqué la procureure.

Mais la victime n’était pas en mesure d’acquitter sa dette, si bien que Nguyen a envoyé un fier-à-bras recouvrer l’argent, pour ensuite se déplacer lui-même.

« Il a agrippé la victime par le bras, l’a traînée dans les escaliers en lui donnant des coups et en lui répétant qu’elle était “dans la marde” », a relaté la Couronne, ajoutant que l’accusé avait mis la tête de sa victime dans un bain, tout en lui demandant de payer.

La dette a alors grimpé à 14 000 $, bien au-delà du taux permis par la loi.

Agent double

Terrorisé, l’employé a fini par appeler la police. Les enquêteurs ont impliqué un agent double qui s’est fait passer pour un proche de la victime.

Le plan a parfaitement fonctionné puisque lors d’une rencontre, l’individu a réitéré les menaces, tout en faisant grimper la somme due à 20 000 $.

« Il a dit savoir où habitait la victime, et que même si elle se sauvait, il allait la retrouver », a résumé la poursuite.

Nguyen a été arrêté peu après et a été suspendu par son employeur. Maintenant qu’il a plaidé coupable d’introduction par effraction et d’extorsion, il risque en plus la prison. Il reviendra en cour le mois prochain pour les plaidoiries sur la peine.