/news/currentevents
Navigation

À la suite d’une altercation avec un infirmier, un policier de Québec dénonce sa suspension

Coup d'oeil sur cet article

QUÉBEC | Un policier de Québec a été suspendu sans solde pendant une journée après le dépôt d’une plainte en déontologie par un infirmier de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus avec qui il a eu une altercation verbale.

Au cœur de sa sanction, il y a l’épineuse question des interventions auprès des gens aux prises avec des problèmes de santé mentale. C’est lors d’une intervention avec un individu désorganisé en février 2016 que le policier Yanick Campagna a levé le ton à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec.

«Oui, j’ai sacré! Que voulez-vous que je vous dise», a lancé le policier, lorsque rencontré par TVA Nouvelles vendredi.

Il est sorti de ses gonds après le refus d’un infirmier de prendre en charge le patient.

«L’individu n’a même pas été trié. Il n’a même pas été rencontré par un médecin. En le voyant arriver, on nous a dit: “Ah non, pas encore lui”», a raconté le policier.

Même s’il admet s’être emporté, le policier Campagna croit avoir fait son devoir de policier. «Si je vais le porter chez lui et qu’il arrive quelque chose avec cet individu-là, c’est moi qui vais être dans le trouble, et on va engendrer des enquêtes ministérielles. Cette personne-là avait besoin de soins», a-t-il dit.

Le CHU de Québec, qui ne souhaite pas commenter le dossier, a rappelé par courriel que toute personne qui se présente aux urgences sera vue par un professionnel de la santé.

Policier d’expérience, Yanick Campagna en a vu d’autres. Il qualifie ce phénomène de «portes tournantes des hôpitaux» et il invite la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, à intervenir.

«Quand on les emmène et qu’il n’y a plus de lit, qu’est-ce que vous pensez qu’ils nous disent?», a-t-il ajouté.

«Peut-être qu’à l’urgence, il faudrait qu’il y ait un relais dès qu’on a admis quelqu’un. Qu’est-ce qu’on fait pour qu’elle ne revienne pas? Le phénomène de la porte tournante, il faut se pencher là-dessus», a affirmé Benoît Côté, de l’organisme de Québec PECH, un organisme qui vient en aide aux personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Et plus que jamais, les agents du Service de police de la Ville de Québec interviennent pour des cas de santé mentale.

«On ne veut plus aller dans les institutions, on les met dans la communauté, mais les budgets de première ligne ne suivent pas», a indiqué M. Côté.

«On porte tous des uniformes. Policier, travailleur social, psychologue, psychiatre: on voit la détresse de nombreuses familles», a conclu Yanick Campagna, qui n’entend pas en rester là. Ce dernier souhaite déposer une plainte officielle à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.