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Au roi du sprint

La 1re étape du Tour de France semble promise aux spécialistes de la vitesse devant le château de Laeken

Après une dernière sortie sur la route, le Canadien Michael Woods (à droite) a poussé la machine à plein régime avec son équipier Rigoberto Uran juste avant le grand départ.
Photo Jean-François Racine Après une dernière sortie sur la route, le Canadien Michael Woods (à droite) a poussé la machine à plein régime avec son équipier Rigoberto Uran juste avant le grand départ.

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BRUXELLES | En ce début de Tour de France, la première étape semble promise aux marchands de vitesse alors que les meilleurs sprinteurs rêvent d’une victoire unique qui leur permettra d’endosser le premier maillot jaune de 2019.

En l’absence de Mark Cavendish ou Arnaud Démarre, ils sont moins d’une dizaine à prétendre aujourd’hui au trône. Après des jours à parler de vélo, l’impatience se fait sentir partout.

À moins d’une surprise, le favori semble être le Néerlandais Dylan Groenewegen (Jumbo-Visma), auteur de trois succès dans le Tour. Le cycliste surnommé la fusée néerlandaise est celui qui possède le plus de victoires cette saison, mais Peter Sagan (Bora-Hansgrohe) n’est jamais très loin. Il faudra apprendre à reconnaître le Slovaque dans le peloton puisque le triple champion du monde ne porte pas de tunique distinctive cette année. Un 7e maillot vert ferait de Sagan le recordman absolu du classement aux points.

Le grand patron chez Astana, Alexandre Vinokourov (à droite), a fraternisé un peu avec Eddy Merckx, champion du monde à Montréal en 1974.
Photo Jean-François Racine
Le grand patron chez Astana, Alexandre Vinokourov (à droite), a fraternisé un peu avec Eddy Merckx, champion du monde à Montréal en 1974.

Mur de Grammont

Sur les 176 engagés provenant de 30 nations, on surveille attentivement en ce premier jour Elia Viviani (Deceuninck-Quick Step), Caleb Ewan (Lotto-Soudal), Alexander Kristoff (UEA Team Emirates), Sonny Colbrelli (Bahrain-Merida) et même Christophe Laporte (Cofidis), un Français de 26 ans qui a vécu la frustration d’une 2e place à Pau en 2018. En l’absence de Tom Dumoulin chez Sunweb, l’Australien Michael Matthews, moins rapide mais plus complet, restera également aux aguets.

Après un départ à Bruxelles, les coureurs vont passer aux abords de Charleroi et d’un vibrant secteur pavé avant de revenir dans la capitale. Le parcours de 194,5 kilomètres comporte deux difficultés : le mythique Mur de Grammont, trop tôt dans l’étape pour faire une différence, et le Bosberg. Des centaines de milliers de fans sont attendus le long de la route. Le vainqueur devrait franchir la ligne d’arrivée devant le Palais de Laeken un peu avant 11 h, heure du Québec.

À l’aube d’un week-end fort émotif, le grand Eddy Merckx essayait de profiter d’une pause vendredi en compagnie d’Alexandre Vinokourov, patron chez Astana, l’employeur de Houle. « Anxieux et timide » selon son ancien rival Raymond Poulidor, le Cannibale a tout de même accepté une photo.

De leur côté, les Canadiens Hugo Houle et Michael Woods tenteront simplement d’éviter les chutes dans un peloton souvent très nerveux. Les deux équipes Astana et Education First visent le classement général sans aligner de pur sprinteur.

« Enfin »

« Hugo est prêt. Il est bien encadré et très bien intégré à l’équipe. Il doit faire comme si c’était une course comme les autres », a tenté de faire valoir son patron, le Kazakh Alexandre Vinokourov vendredi. « Ça fait des années qu’on en parle et enfin, on est rendu ! », a lancé Houle qui n’en pouvait plus d’attendre le départ.

Suant à grosses gouttes sur son vélo de contre-la-montre, l’Ontarien Woods avait plutôt en tête l’étape de demain, un chrono par équipe de 27 kilomètres dans les rues de la capitale.

« J’ai fait mes derniers intervalles pour me préparer. C’est vraiment une expérience incroyable. J’ai très hâte de mettre mes dossards ! Le chrono est très important pour l’équipe et nous avons bien travaillé pour ça », a résumé l’athlète de 32 ans.

Environ 18 000 kilomètres plus tard pour Houle

Très sollicité au Québec, Hugo Houle a multiplié les entrevues depuis son arrivée en Belgique.
Photo Jean-François Racine
Très sollicité au Québec, Hugo Houle a multiplié les entrevues depuis son arrivée en Belgique.

Plus que bien des gens en voiture, Hugo Houle a roulé environ 18 000 kilomètres cette saison avant de pouvoir donner ses premiers coups de pédale sur le Tour de France 2019 tôt ce matin.

Au Québec, les amateurs de cyclisme qui sortent leur bécane régulièrement entre trois et cinq fois par semaine peuvent faire grimper le compteur à 5000 kilomètres lorsque l’automne se pointe. Pour un professionnel toujours en selle, la réalité est tout autre.

« L’attention médiatique du Tour de France, on me dit que ça crée une fatigue mentale, mais sportivement, je ne pense pas que ce soit plus dur que le Tour d’Italie ou d’Espagne. J’ai peut-être fait 18 000 kilomètres, 112 heures en mai et 106 heures en juin. J’ai roulé plus cette année avec 42 jours de course, sauf erreur. Je suis prêt à attaquer la course dans de bonnes conditions », a confié Houle, partisan comme d’autres de l’application mobile Strava, qui enregistre les données via GPS.

Le Québécois ne semble pas nerveux malgré la tâche à accomplir. L’entrevue a notamment été interrompue par un message de son ami Antoine Duchesne, lui aussi au Tour en 2016, qui le trouvait un peu maigre à la télévision. Houle a bien ri.

Un seul but

« Il faut se mettre en route. On a hâte d’y aller. J’aime bien la Belgique et ce sera un week-end exceptionnel. J’ai couru souvent ici et je connais bien les routes. Dans cette première semaine, peut-être que les grimpeurs et les sprinteurs sont moins à l’aise de frotter et de jouer du coude, mais ça ajoute à mes qualités de coureur. Mon leader m’apprécie parce qu’il peut compter sur moi dans des moments plus tendus en course. Je n’aurai pas de liberté, surtout s’il faut défendre le maillot jaune. »

Dans le futur, Houle aimerait gagner une étape en l’honneur de son frère décédé prématurément, mais il ne croit pas que ce sera en 2019. « Mes patrons ont été clairs. »

La pression viendra rapidement puisque demain, Astana ne peut pas se permettre de perdre 45 secondes lors de l’épreuve par équipe.

LES FAVORIS

Geraint Thomas (Ineos) 32 ans – Royaume-Uni

Egan Bernal (Ineos) 22 ans – Colombie

Romain Bardet (AG2R) 28 ans – France

Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) 29 ans – France

Nairo Quintana (Movistar) 29 ans – Colombie

Jakob Fuglsang (Astana) 34 ans – Danemark

À SURVEILLER

Julian Alaphilippe (Deceuninck) 27 ans – France

Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) 34 ans – Italie

Egan Bernal (Ineos) 22 ans – Colombie

Steven Kruijswijk (Jumbo-Visma) 32 ans – Pays-Bas

Adam Yates (Michelton-Scott) 26 ans – Royaume-Uni

Richie Porte (Trek-Segafredo) 34 ans – Australie

Samedi

Étape 1

Bruxelles/Brussel

194,5 km