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Des auditions pornos dans le stationnement d’un bar, c’est non

Des auditions pornos dans le stationnement d’un bar, c’est non

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Ce n’est pas la première fois que la boîte de production de film pornos montréalaise AD4X défraie la manchette pour avoir installer un VR dans des stationnements de bar ou sur le terrain de festivals un peu partout au Québec. Et c’est au bar St-Josef que se tiendra la prochaine salve d’auditions.   

Le principe est simple : des actrices pornos prendront place dans le VR d’AD4X et attendront patiemment, une bouteille de lubrifiant à portée de main j’imagine, que des hommes (en majorité), des couples ou des femmes viennent s’offrir à elle. Minimalement, la personne qui désire se prêter au jeu devra subir une branlette et plus si affinités, m’a assuré le promoteur de la soirée, Mat Paré, au micro des Effrontées.     

On va mettre les choses au clair : je n’ai absolument rien contre la pornographie et, comme tout le monde, il m’arrive d’en consommer. Je suis aussi pour la liberté sexuelle totale quand tout le monde est majeur et, évidemment, pleinement consentant. Mais je ne crois pas que le stationnement d’un débit de boisson ou un festival soient des lieux adéquats pour tenir ce genre «d’événement».   

Revenons à la question du consentement, justement. Dans quelle mesure des gens ayant consommé de l’alcool sont-ils réellement dans un état à consentir pleinement à aller tourner une scène pornographique qui pourra être diffusée partout ensuite. Par ailleurs, quand j’ai demandé à Mat Paré ce qui advenait des images des candidats et des candidates non retenus, il m’a répondu qu’il n’en savait rien et qu’il était fort possible que celles-ci demeurent sur un disque dur quelque part.     

Je ne pense vraiment pas qu’une roulotte stationnée derrière un bar constitue un espace sécuritaire pour la tenue de ce type d’audition. Je veux dire des gens font littéralement la file pour aller se tremper le pinceau.    

Et les actrices qui, m’assure-t-on, sont pleinement consentantes, doivent, toujours selon les dires de Mat Paré, s’exécuter avec 8 à 30 personnes différentes dans une seule soirée tout en ignorant si ces personnes sont atteintes d’une ITSS (infection transmissible sexuellement et par le sang).    

Parce que oui oui, vous avez bien lu, il n’y a pas de test de dépistage pour les auditionneux. On se base sur la bonne foi des participants et on se fie sur les condoms distribués dans le VR. Sauf qu’on sait tous très bien que certaines infections transmissibles sexuellement peuvent se propager même si on utilise un condom. À ceci, Mat Paré répond que c’est la même affaire que lorsqu’on couche avec un inconnu rencontré dans un bar.     

Eh ben! Quelle banalisation. Si je comprends bien, on se lave ici les mains de la sécurité des participants, de leur plein consentement (c’est pas grave s’ils sont un peu pompettes) tant qu’on a des images en masse que les gens se touchent dans leur chaumière    

J’ai envie de dire que faire de la porno vient avec une responsabilité. C’est une industrie Ça fait que non, la porno, ce n’est pas la vraie vie et coucher avec une actrice X au fin fond d’une roulotte afin que ces images soient diffusées, ce n’est pas comme rencontrer un Keven dans un bar et décider de l’accompagner jusqu’à son lit. La moindre des choses, ce serait qu’AD4X offre un lieu sécuritaire et assure un encadrement adéquat pour que les protagonistes de leurs vidéos olé olé puissent officier de façon et pleinement consentante. Et ce n’est certes pas sur un terrain de festival ou derrière le bar St-Josef que cela sera possible si je me fie aux commentaires des principaux intéressés.