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Le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge critiqué pour une photo avec Malala

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Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a été taxé d’hypocrisie sur les médias sociaux pour une photo où il pose aux côtés de Malala Yousafzai, une jeune musulmane voilée récipiendaire d’un prix Nobel.

«Belle rencontre avec @Malala Yousafzai, récipiendaire du prix Nobel de la Paix, pour discuter d’accès à l’éducation et de développement international», écrit le ministre de Roberge dans une publication sur Twitter qui accompagne la photo. M. Roberge est présentement en mission à Paris, où il participe aux rencontres préparatoires en éducation en vue du G7, qui se tiendra en France en août prochain.

De nombreux internautes ont toutefois rapidement rappelé à M. Roberge que la jeune Pakistanaise – qui s’est fait connaître sur la scène internationale en défiant les talibans afin que les jeunes filles aient le droit de fréquenter l’école – ne pourrait enseigner au Québec en raison de l’adoption du projet de loi 21. La loi sur la laïcité interdit le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité, incluant les enseignants.

Le ministre raillé

Plusieurs autres commentaires à la suite de la publication du ministre ont accusé M. Roberge de faire preuve d’hypocrisie. «Est-ce que vous lui avez dit qu’elle [ne] peut pas enseigner ici avec son voile parce que c’est dangereux pour les enfants?», a demandé un internaute.

Malgré son prix Nobel et sa célébrité internationale, Mme Yousafzai ne serait pas «suffisamment bien» pour enseigner au Québec, a fait valoir un autre internaute.

Quelques personnes sont tout de même venues à la défense de M. Roberge, dont une qui a dénoncé la «misogynie vicieuse imposée à des femmes contraintes de porter un voile».

Un «immense honneur»

L’attaché de presse de Jean-François Roberge n’a pas souhaité commenter vendredi, mais le ministre a répondu à un de ses détracteurs sur Twitter. À l’internaute qui demandait ce qu’il répondrait à Malala Yousafzai si elle souhaitait enseigner au Québec, M. Roberge a répondu que ce serait un «immense honneur».

Le ministre en a profité pour ajouter qu’au «Québec, comme c’est le cas en France (où nous sommes actuellement) et dans d’autres pays ouverts et tolérants, les enseignants ne peuvent pas porter de signes religieux dans l’exercice de leurs fonctions».

Opposés à la loi sur la laïcité, les libéraux ont rapidement dénoncé le geste posé par M. Roberge. «Je pense qu’il y a un peu d’arrogance là-dedans, dit la critique libérale en matière de laïcité, Hélène David. Il dit ‘‘l’accès à l’éducation, c’est formidable et j’ai ma belle photo avec Malala’’, par ailleurs, pendant ce temps-là, on vote une loi qui va brimer l’accès à beaucoup de fonctions.»

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