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Un ex-Rock Machine en semi-liberté

L’homme qui a déjà été chef de la bande de motards a assez progressé pour aller en maison de transition

Jean-François Émard a déjà été considéré comme le chef des Rock Machine après la guerre livrée aux Hells Angels, de 1994 à 2002, faisant plus de 160 morts.
Photo d’archives Jean-François Émard a déjà été considéré comme le chef des Rock Machine après la guerre livrée aux Hells Angels, de 1994 à 2002, faisant plus de 160 morts.

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COWANSVILLE | Un ancien chef des Rock Machine a obtenu vendredi sa semi-liberté, au terme d’une audience durant laquelle il a été talonné sur un supposé contrat mis sur sa tête et sur un prétendu vol de saucisse à un codétenu.

« Il n’y a pas eu de vol de saucisse, non, ça n’a pas donné lieu à des coups, j’ai eu des paroles déplacées, mais ce n’était pas des menaces », a expliqué l’air exaspéré Jean-François Émard vendredi, lors de son passage devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada [CLCC].

Du pénitencier de Cowansville où il purge 45 mois d’incarcération pour possession illégale d’une arme à feu chargée ainsi que trafic de stupéfiants, l’ancien motard criminel jure qu’il a changé.

Fini la drogue, fini le crime et les mauvaises fréquentations, a-t-il assuré aux deux commissaires en ajoutant avoir « fait la paix » avec les Hells Angels vers 2015.

« Mon but, c’est de m’en sortir, a-t-il dit. La plus belle chose qui me soit arrivée, c’est d’avoir arrêté la drogue. Je suis prêt à travailler sur moi, je veux être une personne qui montre le bon chemin à ses enfants. Aujourd’hui, je peux dire que je suis un ancien criminel. »

Contrat

Mais même s’il semble avoir changé, Émard a quand même dû se justifier auprès du CLCC sur deux événements.

Le premier est une information voulant qu’un contrat soit mis sur la tête de l’ex-chef des Rock Machine. C’est d’ailleurs en raison de cela qu’une première semi-liberté avait été révoquée au mois de mai.

Or, cela ne semble pas inquiéter Émard outre mesure.

« Je connais la personne [qui a donné l’information], elle n’est pas fiable, a-t-il commenté. S’il y avait vraiment un contrat sur ma tête, j’aurais été emmené dans un autre pénitencier et mis en isolement. »

Vol de Saucisse

Il a ensuite dû s’expliquer au sujet d’une plainte d’un détenu pour de la nourriture volée, dont une saucisse à hot-dog. Émard aurait plus tard été vu en train de la manger.

« La personne a dit ça au gardien pour me faire sortir de [l’aile du pénitencier], a expliqué l’homme de 42 ans. D’ailleurs, dans le rapport, le gardien parle de l’événement en disant que c’était probablement un malentendu. Au départ, c’est une saucisse qui a brûlé et on m’a dit de la jeter. »

Les commissaires ont toutefois conclu que la fiabilité et la pertinence de ces informations n’étaient pas suffisantes pour refuser de lui accorder une semi-liberté compte tenu de ses efforts pour se reprendre en main.

Pas au Pays des Merveilles

D’ailleurs, Émard a assuré pouvoir compter sur le soutien de sa conjointe, malgré des hauts et des bas récemment.

« On avait des beaux plans de sortie, mais [la révocation en mai] a tout chamboulé, a-t-il expliqué. Ça a été dur, mais on ne se laissera pas. Mais c’est beaucoup de pression, on n’est plus dans Alice au pays des Merveilles. »

Mais même s’il a obtenu sa semi-liberté, Émard ne pourra pas se tourner les pouces en maison de transition. Il devra s’occuper au travail ou aux études, suivre des traitements, ne pas se tenir avec des criminels et respecter un couvre-feu.

« Moi, je crois en moi, je vais m’en sortir, je vais le faire pour moi et ma famille », a conclu Émard.