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La trahison

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On apprenait en début de semaine que les Acadiens et les Franco-Ontariens avaient décidé de s’allier avec les Anglo-Québécois pour les prochaines élections fédérales. Leur cause commune ? Le statut des minorités linguistiques au Canada, et plus particulièrement, la défense de leurs droits.

Nous sommes devant une fumisterie sans nom, et une authentique trahison. Car il n’y a aucune comparaison possible entre la situation des anglophones au Québec et celle des francophones au Canada anglais. En faisant le choix de laisser croire le contraire, les francophones hors Québec se prêtent à une propagande honteuse.

Alliance

Partout au Canada anglais, les francophones connaissent une assimilation effarante. Leur régression est continue et inéluctable. Leur situation est désormais folklorique. Qu’on me pardonne le néologisme, mais ils sont bibelotisés. Ottawa les instrumentalise pour se donner la réputation d’un beau grand pays bilingue.

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Inversement, au Québec, la minorité anglaise demeure en position de force, même si elle aime se victimiser. Par exemple, c’est elle qui intègre la plus grande partie des populations issues de l’immigration. Elle les anglicise et les canadianise. Pensons aussi au financement des universités, qui avantage scandaleusement les institutions anglophones.

Résumons. Les Anglo-Québécois cherchent à faire passer leurs privilèges pour des droits. Les francophones hors Québec se sentent privilégiés d’avoir quelques droits.

Trahison

Soyons sérieux : il y a certainement une majorité historique francophone au Québec. Mais à l’échelle du Canada comme de l’Amérique du Nord, elle demeure une minorité structurellement fragile. À cause de l’immigration massive, elle pourrait bien, d’ici un siècle, devenir minoritaire au Québec, d’ailleurs. Quant à la minorité anglo-québécoise, elle est d’abord la représentante de la majorité canadienne-anglaise au Québec. Sans oublier qu’elle est soutenue par la dynamique linguistique naturelle du continent nord-américain.

La force du français en Amérique dépend de sa force au Québec. En nous tirant dans le dos, les francophones hors Québec se sont aussi tirés dans le pied.