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Partager son savoir au lieu d’opérer

Un médecin qui a dû cesser la chirurgie a réussi à donner un second souffle à sa carrière... à 65 ans

Le Dr Simon Biron a troqué la chirurgie pour les conférences.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Le Dr Simon Biron a troqué la chirurgie pour les conférences.

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QUÉBEC | Un chirurgien bariatrique de 72 ans contraint de déposer le bistouri il y a quelques années multiplie recherches, consultations et conférences aux quatre coins du globe pour partager ses connaissances.

Doyen du département de chirurgie bariatrique pour traiter l’obésité à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), le Dr Simon Biron, est encore bien loin de penser à la retraite, encore moins de diminuer sa charge de travail.

Entre les murs de l’IUCPQ, tout le monde connaît le « docteur au nœud papillon », sa marque de commerce depuis toujours. C’est d’ailleurs dans cet hôpital de Sainte-Foy qu’il a commencé sa carrière en 1978, et c’est là qu’il la terminera... un jour.

Le spécialiste n’opère plus depuis sept ans, en raison d’une thrombose à la rétine de l’œil gauche à 65 ans qui a affecté ses capacités visuelles. Si certains de ses collègues ont quitté le métier à cet âge, le Dr Biron a décidé de poursuivre. Il continue ainsi ses consultations avec ses patients en suivi postopératoire.

Au cours de sa carrière, il aura pratiqué 1463 chirurgies bariatriques.

« J’en apprends encore tous les jours. J’écoute les patients, je placote, je travaille avec eux, je leur rends service. Est-ce qu’on peut se tanner de ça ? » demande celui qui se vante d’avoir des « fins de semaine de quatre jours ».

Invité par les grands

Le Dr Biron travaille officiellement trois jours par semaine à l’hôpital.

« Ça m’arrive de venir le lundi et le vendredi, mais je ne rencontre pas de patients, je suis juste dans les papiers » lance-t-il en riant. Il s’investit également auprès de la chaire de recherche bariatrique de l’Université Laval.

« Pour moi, les publications, les découvertes et les présentations, c’est de l’or en barre. Je reçois 75 invitations par jour pour des congrès. Mais je choisis les places où je vais faire des présentations. »

Le spécialiste relate qu’une de ses plus grandes découvertes reste lorsqu’il a établi qu’une chirurgie bariatrique pouvait éviter une cirrhose pour un patient obèse. Un « coup de circuit » réalisé en 1988 après plus de cinq ans de recherche.

Obésité et génétique

Au cours des prochaines semaines, il tentera de démontrer les changements génétiques chez les enfants nés d’une mère ayant subi une chirurgie bariatrique avant son accouchement ; d’importants travaux de recherche qui sont en cours depuis plus d’un an, dit-il.

Grâce à ses conseils, sa notoriété et son expertise, Simon Biron estime faire épargner à ses patients près de 6000 visites chez le médecin par année.

« Ils appellent ici après leur opération lorsqu’ils ont des questions ou ont besoin de bilan sanguin. J’essaie le plus possible de leur envoyer les prescriptions nécessaires, pour leur éviter un rendez-vous chez leur médecin de famille. C’est une économie pour le système », estime-t-il.