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Pas de relève pour se retirer

Dr Pierre Michel
Photo Chantal Poirier Le Dr Pierre Michel, 72 ans, songe à prendre sa retraite, mais s’inquiète que ses patients soient abandonnés après son départ, faute de relève médicale. 

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Bien qu’il songe à la retraite, un médecin de famille de 72 ans s’inquiète du manque de relève pour ses patients, qu’il ne veut pas laisser tomber.

« Je n’accepte pas qu’un médecin ferme la porte un jour et que les patients se retrouvent tout seuls. Et on leur dit : “Inscrivez-vous au guichet de patients orphelins’’. On sait qu’ils vont attendre des années ! Il n’y a personne pour s’en occuper », déplore le Dr Pierre Michel.

Pas de relève

Né en Égypte, ce médecin songe à se retirer, mais s’inquiète pour ses 7500 patients en clinique et en centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

« S’il arrive plein de médecins et qu’on se bat pour les clients, je vais laisser la place aux autres, c’est clair ! » assure-t-il.

« Le problème, c’est qu’il y a tellement de clients qui n’ont pas de médecins. Je ne bloque pas un jeune. »

Durant toute sa carrière, Pierre Michel a été motivé par l’idée d’aider les autres, de s’assurer que la population avait accès aux services.

En 1973, il est parti vivre la « nouvelle aventure » des centres locaux de services communautaires (CLSC), en Beauce.

Deux ans plus tard, il est revenu à Brossard, où il a travaillé au CLSC durant 40 ans, jusqu’en 2015. L’heure de la retraite aurait pu sonner à ce moment-là, mais l’omnipraticien a plutôt opté pour travailler dans une clinique privée de Brossard.

« Je me suis demandé si je restais là, et je m’incrustais comme les vieux meubles. Mais, je me disais : “Il faut que j’aille voir comment ça fonctionne ailleurs” », explique celui qui travaille 50 heures par semaine.

Ne pas s’ennuyer

Avec le temps, le médecin constate que plusieurs de ses collègues plus jeunes ont remis leur sarrau, et que l’heure de la retraite « est dans l’air ».

Or, pas question d’aller regarder ses fleurs pousser.

« Me connaissant, j’aime mieux être actif. Si je n’ai pas quelque chose d’autre qui me tient actif, au moins ici je fais quelque chose que j’aime, que je pense qui est utile. »

Peur de l’erreur

Malgré tout, l’homme avoue qu’il est aujourd’hui habité par l’idée de commettre une erreur grave. Pour se protéger, il a d’ailleurs demandé à ses collègues de l’avertir au moindre signe.

« Ce qui m’inquiète, c’est de savoir si je vais me rendre compte si je ne suis plus bon. Si je ne suis plus compétent, dangereux », confie-t-il.