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Québec et Éric Lapointe: «juste des moments marquants»

Québec et Éric Lapointe: «juste des moments marquants»
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

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Ce n’est pas anodin si c’est dans la capitale qu’Éric Lapointe donnera le concert de sa vie, mardi, célébrant du coup ses 50 ans et les 25 années qui se sont écoulés depuis son premier album, Obsession. Bien qu’il soit immensément populaire partout en province, chaque fois qu’il est passé à Québec, le rockeur a créé l’événement.

«Pour moi, Québec, c’est juste des moments marquants», laisse-t-il tomber à l’autre bout du fil, quelques jours avant d’entamer les répétitions pour la carte blanche qu’on lui a proposée sur les plaines d’Abraham, qu’il considère comme rien de moins que le spectacle d’une vie.

Même s’il ne sait trop expliquer pourquoi, Éric Lapointe a raison : chacun de ses passages à Québec a été mémorable. L’histoire a commencé à s’écrire en 1994, à son premier passage au Festival d’été, au Café Blues de la rue Saint-Jean, après la sortie de son premier album. Il y a vécu ses premiers spectacles sold out. «C’est là que j’ai pris conscience que je pouvais avoir une carrière», commente-t-il.

Cinq fois les Plaines

À peine deux mois plus tard, Éric Lapointe enflammait déjà le Capi­tole. «Le nouveau roi du rock», titrait Le Journal, le lendemain. Combien de fois a-t-il ensuite été la tête d’affiche du défunt festival Expo Québec, attirant des foules monstres chaque fois?

Il a aussi électrisé le Grand Théâtre, le Centre Vidéotron et, surtout, le Festival d’été de Québec à de nombreuses reprises : il en sera mardi­­­ à son 11e passage au FEQ, trois ans après avoir provoqué un débordement au parc de la Francophonie­­­.

Il sera une tête d’affiche pour la cinquième fois de sa carrière sur les Plaines : rares sont les artistes qui peuvent se vanter d’un tel exploit.

«C’est nettement le plus beau site qu’on a au Québec pour faire un show, croit-il. C’est grandiose. Quand on est sur le stage, c’est émouvant. Chaque fois, ça marque.»

Un concert spectaculaire

Celui-ci s’annonce spectaculaire sur tous les plans. Les plus grands succès du chanteur seront habillés d’images d’archives­­­ inédites, de pyrotechnie et même d’une participation du Cirque Eloize, le tout mis en scène par Stéphane Laporte.

Il sera entouré d’une vingtaine d’invités, «tous des amis». Lara Fabian, Marc Dupré, Safia Nolin, Mario Pelchat, Michel Pagliaro, Marjo, Louis-Jean Cormier, Kevin Parent, 2 Frères, Marie-Mai, Jean-Pierre Ferland et Les sœurs Boulay forment la plus longue liste d’invités jamais vue pour une carte blanche sur les Plaines.

Ses complices de la première heure, Steve Hill et Stéphane Dufour, «sans qui je n’aurais pas la carrière que j’ai», confie-t-il, se livreront à un «guitare fight mémorable», promet Lapointe.

Impossible de ne pas faire un clin d’œil au parolier disparu Roger Tabra, avec qui il a coécrit, entre autres, Mon ange, N’importe quoi et Loadé comme un gun.

«D’une façon ou d’une autre, il va être avec moi sur scène, affirme Éric Lapointe. Dans mon salon, j’ai un immense cadre de Tabra qui regarde le fleuve. Il est toujours avec moi. Même dans la production du dernier album, quand j’étais dans mon studio. Ma blonde pensait que j’étais fou, mais je lui parlais!»


Le show de ma vie aura lieu le 9 juillet, à 21 h, sur les plaines d’Abraham. Un hommage à Gerry Boulet, Souvenirs d’un rendez-vous doux, aura lieu en première partie, à 19 h 15.

 

«Je n’ai pas l’impression de vieillir» - Éric Lapointe

Éric Lapointe aura 50 ans le 28 septembre prochain. Alors qu’il a souvent dit en entrevue qu’il se considérait chanceux de s’être rendu là, il confie aujourd’hui mordre dans la vie plus que jamais et vouloir être encore sur scène à 75 ans.

La crise de la cinquantaine, ce n’est pas pour lui. «Je n’ai pas fini ma crise de la vingtaine!» lance-t-il en riant de bon cœur.

«C’est un beau chiffre bien symbolique, le demi-siècle, mais moi, je me sens encore adolescent, confie-t-il. Je n’ai pas l’impression de vieillir. Si on se dit que les 25 prochaines années passent aussi vite, je vais avoir 75 ans. J’espère être encore capable de monter sur un stage. Je me croise les doigts pour que ça n’arrête pas.»

La chanson de sa vie

Si un spectacle comme celui qu’il donnera sur les Plaines lui fait prendre conscience de l’ampleur de son œuvre, Éric Lapointe affirme qu’il «court encore après la chanson de [sa] vie».

«Ma carrière, c’est une éternelle course à la chanson de ta vie, à l’album de ta vie, où tu peux te dire que tu peux t’asseoir sur tes lauriers, prendre ta retraite, finalement, je l’ai fait. Mais on n’a jamais le talent qu’on aimerait avoir. Alors je vais courir après toute ma vie. C’est un métier où on ne cesse d’apprendre, d’évoluer, pour le meilleur, j’espère.»

Des années après Bobépine, Un beau grand slow, Terre promise, Éric Lapointe s’identifie encore à ses hits. «Quand je revisite mes chansons, il y a toujours une part de nostalgie, c’est inévitable. En même temps, je trouve qu’elles ont tellement bien vieilli, je m’y identifie autant qu’à l’époque.»